MASCOTTES – Depuis 1966, pas une Coupe du Monde de football ne se déroule sans une mascotte. Retour sur une lignée de personnages loufoques et finalement assez attachants.
Deux lions, quatre garçons, trois extraterrestres, un chien, un coq, un tatou, un léopard, une orange, un piment et une statue cubique toujours indéfinie ont été les mascottes officielles de la plus prestigieuse des compétitions sportives.
Si à l’origine, il s’agissait d’un sympathique personnage qui accompagnait les publicités relatives à l’événement, la mascotte de la FIFA World Cup représente aujourd’hui un enjeu considérable. Un énorme cahier des charges est transmis par le service marketing de la FIFA aux firmes et agences désireuses de concevoir le produit. Un concours sélectionne le personnage répondant au mieux aux exigences des sponsors et organisateurs puis le nom est choisi suite à une consultation lancée sur internet.
Une tradition tenace fait qu’une fois que la mascotte est présentée au public, celle-ci fait l’objet des pires critiques et des plus viles moqueries. Peu représentative, moins sympa que les précédentes, trop moderne ou trop vieillotte, les griefs ne manquent pas, d’autant que le personnage est souvent représenté par un humain sous déguisement sensé ressembler au dessin…
Peu de mascottes ont à vrai dire marqué durablement l’histoire du foot et du design. Les Français citeront volontiers Footix (1998) dont le nom est resté dans le langage courant pour désigner les supporters tombés de la dernière pluie. D’autres évoqueront avec nostalgie Naranjito (1982), qui était la vedette d’un dessin animé. Il n’en reste pas moins une galerie de personnages uniques en leur genre.

C’est en 1966, à l’occasion de la huitième phase finale organisée en Angleterre, qu’est apparue la première mascotte de la Coupe du Monde. Willie le lion donc à jamais le premier personnage d’une longue lignée.

En 1970, c’est un jeune garçon qui succède au lion britannique : le dénommé Juanito a fière allure sous son sombrero. Il porte la tenue de l’équipe nationale du Mexique, même si le maillot semble un peu trop petit.

En 1974, Tip et Tap succèdent à Juanito. Ils sont deux, peut-être pour rappeler que l’Allemagne est à l’époque un pays scindé entre l’ouest et l’est. Tout comme leur prédécesseur mexicain, les deux allemands aux joues bien rouges portent un maillot trop court.

En 1978, l’Argentine suit le sillon des garçons footballeurs. Gauchito, dont on ne voit pas le nombril, porte la tenue de l’équipe d’Argentine, mais également la cravache et le chapeau des gauchos, les garçons vachers typiques du pays.

Après les animaux des années 1960 et les garçonnets des années 1970, la Coupe du Monde se procure pour les années 1980 des mascottes au rayon fruits et légumes. En 1982, c’est le sympathique Naranjito, une orange, qui est la mascotte de la Coupe du Monde espagnole.

Après l’orange espagnole, place au piment mexicain. En 1986, c’est Pique qui représente la Coupe du Monde 1986 qui a trouvé refuge au Mexique après le forfait de la Colombie. Le piment porte une sombrero et une fière moustache.

Après les animaux, les garçonnets et les fruits et légumes, la Coupe du Monde 1990 tranche singulièrement en présentant Ciao, une sorte de rubik cube désarticulé aux couleurs de l’Italie et dont la tête est remplacé par un ballon.

En 1994, c’est le très cabot Striker qui représente la Coupe du Monde 1994, organisée au États-Unis. Provenant des studios Disney, le toutou est sympa, il a de l’allure, c’est une mascotte quasiment parfaite. Tellement irréprochable qu’on l’a tout simplement oubliée.

Et voici Footix, mascotte de la Coupe du Monde 1998. Un coq sympathique et symbole d’une France qui gagne dont on ne cessera pourtant de se moquer. Son nom est resté dans le vocabulaire des footeux pour désigner les supporters qui ont découvert le foot sur le tard.

A l’aube du nouveau millénaire, la Coupe du Monde est organisée dans la lointaine Asie dans deux pays plutôt qu’un (Japon et Corée du Sud). Nik, Ato et Kaz, les mascottes translucides de la Coupe du Monde 2002 sont des extra-terrestres directement issus de l’imaginaire manga.

Le lion Goleo VI et son ballon au visage humain postulent au titre de pire mascotte de l’histoire de la Coupe du Monde. Le fauve en peluche et sans pantalon ressemble à une erreur de casting. Pourquoi un lion pour un tournoi organisé en Allemagne ? Pour mémoire, la société qui exploitait son image a fait faillite.

La mascotte de la Coupe du Monde 2010, Zakumi, est une sorte de léopard aux cheveux verts, au regard un peu effrayant. On n’en attendait pas moins de la première phase finale organisée sur le continent africain au pays de Nelson Mandela.

Mascotte de la Coupe du Monde 2014 organisée au Brésil, Fuleco est un tatou à trois bandes, une espèce animale endémique du Brésil en voie de disparition. La ballon rond aura-t-il contribué à sauvegarder l’espèce ? On le souhaite sans vraiment y croire.

Le loup Zabivaka est la mascotte de la Coupe du monde 2018, organisée en Russie. Alors qu’on s’attendait à un ours ou à des poupées russes, les organisateurs ont préféré faire appel à un personnage récurrent des contes pour enfants, notamment « Pierre et le Loup » de Sergueï Prokofiev.

La’eeb est la mascotte de la Coupe du monde 2022 organisée au Qatar. Ce n’est ni un animal, ni un enfant, ni un fruit ou légume : il s’agit d’un keffieh, coiffe traditionnelle dans les pays arabes. Certains ont pu le prendre pour un fantôme, d’autres ont constaté qu’il n’avait pas de pied, alors qu’il s’agit de la partie du corps humain qui a donné son nom au football.



Maple, Clutch et Zayu sont les mascottes de la Coupe du monde 2026 qui se déroule dans trois pays : le Canada, les États-Unis et le Mexique. Chacun des personnages représente une des nations organisatrice : l’élan canadien, le pygargue américain et le jaguar mexicain.
Ils sont les ultimes personnages d’une lignée assez pittoresque. Seront-il pires ou meilleurs que leurs prédécesseurs ? Laisseront-il leur nom dans le langage courant comme Footix ? Feront-il rêver les enfants comme Naranjito ? Seront-il complètement oublié comme… comme… zut ! c’était quoi son nom déjà ?





