TROPHEE – Si le leader du Tour de France porte le Maillot Jaune, celui du classement de la montagne porte, depuis 1975, l’emblématique maillot blanc à pois rouge.
C’est à l’occasion du Tour de France 1933 qu’est créé, à l’initiative de Henri Desgrange, le challenge de la montagne, un classement annexe qui permet de distinguer le meilleur grimpeur du Tour. Mais ce n’est que quarante-deux ans plus tard, à l’initiative de Félix Levitan, que le leader du classement porte le maillot à pois, rouges sur fond blanc.
Le grand prix de la montagne
L’Espagnol Vicente Trueba, en 1933, est le premier coureur du Tour a remporter le grand prix de la Montagne. Un coureur qui grimpe très vite les cols mais qui s’avère un piètre descendeur, perdant le bénéfice de ses efforts une fois le sommet franchi. René Vietto lui succède au palmarès lors de l’édition suivante, avant qu’arrivent de grands noms tels Federico Bahamontes, sans doute le plus grand grimpeur de l’histoire, Charly Gaul, Raphaël Geminiani, Louison Bobet et Julio Jiménez.
Félix Lévitan, directeur du Tour depuis 1962, souhaite que les leaders des classements annexes (grand prix de la Montagne, classement par points, meilleur jeune…) soient distingué par un maillot distinctif, au même titre que le leader au classement général. Pour le leader du classement de la montagne, il propose un maillot atypique, blanc à pois rouge, inspiré de celui que portaient deux pistards dont il suivait les exploits durant sa jeunesse, Henri Lemoine et Marcel Guimbretière, souvent surnommé l’équipe des « Petits Pois ».
Le Néerlandais Joop Zoetemelk est le premier à porter le célèbre maillot à pois, alors sponsorisé par les chocolats Poulain, mais c’est le Belge Lucien Van Impe qui remporte le grand prix en fin de course. Le Français Richard Virenque a remporté sept fois le maillot à pois, ce qui en fait le recordman absolu. Il l’a porté durant quatre-vingt-six jours, ce qui est également un record. En 1982, le Français Bernard Vallet endosse le maillot dès le soir du prologue et le porte jusqu’à l’arrivée du Tour, étant le seul à réaliser cet exploit.
Le maillot à pois n’est pas la seule innovation du Tour de France 1975. Cette année-là, les organisateurs de la Grande Boucle inventent aussi le Maillot blanc, décerné au meilleur jeune du peloton (moins de 25 ans) du peloton) et inaugurent l’arrivée du Tour sur les Champs-Elysées.
Un maillot populaire, un trophée à part
Les coureurs qui portent le maillot à pois sont souvent plus populaires que le porteur du Maillot jaune. Le grand prix de la montagne récompense une forme de panache à défier la montagne, alors que le vainqueur du Tour de France est avant tout consacré pour sa capacité à gérer une course de trois semaines dans toute sa diversité.
Après le Tour de France, le maillot à pois a été adopté par d’autres courses pour désigner son leader au classement de la montagne : Paris-Nice, le Tour de l’Avenir, Tour de Picardie, le Critérium international, le Tour de Pékin, les Quatre Jours de Dunkerque. Le Tour d’Espagne a opté quant à lui pour un maillot blanc à pois bleus.
Sur le Tour de France, la marque de chocolat Poulain a sponsorisé le Maillot à pois de 1975 à 1978 puis de 1982 à 1984, la marque Campagnolo ayant pris le relais entre 1979 et 1981. Ensuite ont suivis Café de Columbia en 1985, Ripolin en 1990, Coca-Cola Light en 1991, les magasins Champion pendant seize ans entre 1993 et 2008, puis Carrefour pendant dix ans (2009-2018) et enfin E.Leclerc depuis 2019.
A propos du maillot à pois et des rois de la montagne

LES ROIS DE LA MONTAGNE (Hors-série L’Équipe)
A l’occasion du cinquantenaire du maillot à pois, le quotidien L’Equipe publie en juin 2025 un numéro hors-série consacré aux rois de la Montagne.






