CHANSON – Après avoir célébré les footballeurs de troisième division, le chanteur Miossec s’intéresse en 1997 aux cyclistes anonymes du peloton qui courent les critériums.
C’est la complainte d’un anonyme du peloton qui aimerait tant s’en échapper, aspirer quelques secondes d’éternité et s’en remplir plein les poumons. Mais notre champion n’a jamais connu la gloire, n’étant qu’un vulgaire passeur de bidons qu’on voit passer l’été sur les boulevards, noyé dans une meute bleue jaune marron.
De la D3 aux critériums
Alors que son premier album, « Boire » (1996) avait célébré le football à travers un arrière droit un peu brutal évoluant en D3, Miossec évoque dans son deuxième album « Baiser » (1997) un cycliste anonyme qui souffre l’automne, l’hiver, l’été, pour finir dans la voiture balai (mais le pire c’est de sentir tous ces regards qui vous disent : « Ah ! c’est encore raté…« )
Le chanteur breton rend hommage aux critériums, ces petites courses cyclistes d’une dizaine de kilomètres généralement organisées en été après le Tour de France où les coureurs viennent profiter de leur gloire nouvelle et gagner un peu d’argent. Ce type de course, une sorte de troisième division version cycliste, permet surtout aux champions régionaux de se mesurer aux vedettes du Tour de France. Les spectateurs ne viennent pas pour l’intérêt sportif, mais plutôt pour avoir l’opportunité de voir des champions de près.
T’embrasser sur le podium
Le cycliste chanté par Miossec, tout juste bon à resserrer les écarts, ne brille pas dans les grands Tours et compte sur les critériums pour gonfler un peu son compte en banque, courir sans consignes d’un leader et embrasser la miss sur le podium.
Si son premier l’album paru en 1996 avait surpris par un son résolument acoustique, sans la moindre batterie, le deuxième surprend tout autant en prenant la voie totalement opposée : un son basiquement rock, guitare-basse-batterie pour porter des textes toujours aussi finement ciselés. Avec cet album surprenant, le Brestois sort du peloton de la chanson française et s’inscrit dans la durée






