EXTRAIT – Quelques minutes de tennis dans les comédies “Un éléphant ça trompe énormément” et « Nous irons tous au paradis » de Yves Robert, sorties en 1976 et 1977.
Le film Un éléphant ça trompe énormément de Yves Robert est l’une des plus fameuses comédies du cinéma français des années 1970. Il a pour objet l’histoire de quatre quadragénaires qui traversent quelques tourments sentimentaux de différente nature, le tout traité sous un angle comique.
Double messieurs
Les quatre hommes sont unis par une solide amitié, laquelle est entretenue (peut-être même y est-elle née) par la passion du tennis. Dans les années 1970, le tennis incarne en France une certaine classe sociale, celle des cadres et professions libérales.
Étienne Dorsay, interprété par Jean Rochefort, est un haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur. Simon (Guy Bedos) est médecin, et si l’on ignore le métier de Daniel (Claude Brasseur), on ne doute pas qu’il rencontre peu de problèmes sur le plan financier. Bouly (Victor Lanoux) semble quant à lui provenir du bâtiment, provoquant un léger décalage en termes de classe sociale qui ne remet toutefois pas en cause la solide amitié des quatre compères.
C’est en étant lui-même invité à “faire un tennis” que le réalisateur Yves Robert a eu l’idée de faire de cette pratique le ciment du quatuor, l’idée initiale d’une amitié née au bistrot ne le satisfaisant pas pleinement. Une scène essentielle du film se déroule justement lors d’une partie de tennis. Alors que les quatre hommes disputent une rencontre en double, le match est interrompu par l’apparition inopinée de la mère de Simon, jouée par Marthe Villalonga.
Sorti en 1977, Un éléphant ça trompe énormément crée une filiation d’un nouveau sous-genre cinématographique bien français, le film d’amitié masculine, inauguré en 1974 par Vincent, Français, Paul et les autres. Si le film de Claude Sautet est très mélancolique, celui d’Yves Robert se veut bien entendu plus comique. Mais les deux comédies ont pour thème une forte amitié masculine où les femmes (épouses, mères, maitresses…) tiennent un grand rôle.
Nous irons tous (faire un tennis) au paradis
Si sans le film de Sautet, les personnages de Montand, Piccoli, Reggiani et Depardieu sont unis par le football, ceux de Rochefort, Brasseur, Bedos et Lanoux le sont par le tennis. Le succès du film est tel qu’une suite est tournée immédiatement après, sous le titre Nous irons tous au paradis avec les mêmes acteurs et le même réalisateur. On y retrouve une nouvelle scène de tennis toute aussi épique.
Les quatre hommes ont acheté mutuellement une maison pour y passer leur week-end, sans savoir que celle-ci est toute proche d’un aéroport. Bien qu’ils aient rapidement constaté qu’ils ont été victime d’une arnaque, ils tentent quand même d’y faire la partie de tennis dont ils rêvaient, comme si de rien n’était. La partie dégénère et semble même fragmenter cette solide amitié. La suite du film saura toutefois resserrer les liens entre les quatre hommes.
A propos d’un éléphant, ça trompe énormément
- Voir la vidéo « Un éléphant ça trompe énormément » proposé par chaine CinéScopiE sur Youtube.
- Voir la vidéo « Un éléphant ça trompe énormément » proposé par chaine Abracadapod sur Youtube.
Sport à lire

SPORT ET CINÉMA (Gérard Camy & Julien Camy)
La tumultueuse histoire qui lie le sport et le cinéma fait l’objet d’un ouvrage, une véritable bible qui recense, discipline par discipline, les long-métrages du septième art dont le sport est la trame principale. Un excellent travail de recherche et de documentation signé Gérard et Julien Camy.
« Sport & Cinéma » de Gérard Camy & Julien Camy (2021, Amphora). 460 pages. 245x315mm. EAN:9782757605189.






