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Quand Redford donne le meilleur

FILM – Le Meilleur (1984) de Barry Levinson avec Robert Redford, est un film classique qui rend hommage au baseball des années 1930 dans un scénario qui flatte l’Amérique.

Sorti en mai 1984, Le Meilleur (The Natural en v.o.) est un film typique du rêve américain. Il transporte le spectateur dans un âge d’or, celui des années 1930, au travers du sport le plus populaire du pays, le baseball. L’histoire est une fiction inspirée par des faits réels, celle d’un joueur prometteur brisé par un fait divers et qui revient malgré tout au plus haut niveau.

L’ascension brisée d’un jeune champion

Avant d’être un film à succès, Le Meilleur est un roman publié en 1952 par l’écrivain Bernard Malamud. Un joueur de baseball en devenir voit sa carrière brisée quand il est atteint d’une balle tirée par sa maitresse. Après deux années d’hôpital, Roy Hobbs est considéré perdu pour le sport, mais à force de travail et de volonté, il revient au plus haut niveau au sein des New York Knights.

L’histoire imaginée par Malamud est certainement inspiré par la mésaventure de Eddie Waitkus, un grand joueur des années 1940-1955, surnommé The Natural  et qui fut en 1949 la cible d’une femme qui l’idôlatrait au point de vouloir le tuer. Le film rappelle d’autres épisodes de l’histoire du baseball, dont une tentative de corruption qui rappelle irrésistiblement le scandale des Black Sox en 1919, et la destruction de l’horloge du stade, qui rappelle le coup magistral de Bama Rowell à New York en 1946.

Inadaptable

Longtemps le roman de Bernard Malamud a été considéré comme peu adaptable à l’écran. En 1976, toutefois, les producteurs Malcolm Kahn et Robert Dean tentent le coup et acquièrent les droits du livre. Le scénario est confié à Phil Dusenberry, mais le projet traîne en longueur. En 1979, c’est finalement Roger Towne qui se charge d’adapter le roman. 

Plusieurs grands acteurs se montrent intéressés par le premier rôle :  Michael Douglas, Nick Nolte, Jon Voigt… sans suite. En 1980, le studio TriStar Pictures nouvellement créé envoie le scénario à Robert Redford, qui n’a plus tourné depuis trois ans. L’acteur a pratiqué le baseball durant ses années universitaires, et se verrait bien jouer le rôle de Roy Hobbs. Il propose à Barry Levinson de prendre en charge la réalisation.

Buffalo, New York state

La première étape de la création du film est de trouver un stade susceptible de reprendre un aspect des années 1930. Barry Levinson porte son choix sur le New York’s War Memorial Stadium, à Buffalo (état de New York), une enceinte construite à partir de 1935 et inaugurée en 1937 (elle sera détruite en 1989).

Si Levison envisageait de ne tourner que les scènes de jeu à Buffalo, et de faire le reste à Hollywood, il change finalement d’avis en découvrant la ville du Comté d’Erie, qui a conservé son architecture des années trente. Les scènes d’hôpital sont tournées au Buffalo Psychiatric Center, alors que l’Elliot Square Office Building est utilisé comme hall d’hôtel tandis que le Parkside Candy Store devient un salon de crèmes glacées.

La ville abrite en outre la Masten Street Armoury, un studio qui permet d’accueillir les bureaux de la production, et qui dispose aussi d’une salle de montage, de salles de costume, d’un département casting et de plusieurs plateaux permettent de créer des décors de vestiaire et d’autres lieux clés du film. En fin de tournage, l’équipe est retournée en Californie, aux Studios Laird à Culver City pour tourner les dernières scènes.

Un film américain

Le casting du film est très riche. Outre Robert Redford apparaissent Robert Duvall, Glenn Close et la jeune Kim Basinger. La musique du film est confiée à Randy Newman et reste utilisée dans certains films de baseball, notamment dans les scènes d’entrée des joueurs sur le terrain. 

Le film a connu un important succès aux Etats-Unis, en raison de ce qu’il représente pour les Américains. Les critiques se montrent plus partagées, reprochant justement au film de trop tirer sur les clichés. Il sera nommé quatre fois aux Oscars en 1985 mais ne remportera aucune statuette. En France, le film sort en septembre 1984 après avoir été présenté au festival de Deauville, mais n’attire en tout que 556.000 entrées. 

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