CLIP – Pour son single « Supreme » (2000), le chanteur anglais Robbie Williams produit un clip où il joue un pilote automobile de la fin des années soixante qui se pose en rival du grand Jackie Stewart.
Avec “Supreme”, troisième single issu de son troisième album “Sing When You’re Winning”, Robbie Williams atteint la quatrième place des charts britannique et inonde les radios de nombreux pays européens. Le morceau est particulièrement réussi, avec des samples empruntés à la musique du film “Dernier domicile connu” signée François de Roubaix et le gimmick du tube disco “I will survive” de Gloria Gaynor. Le chanteur anglais, fan du Port Vale Football Club, enregistre également une version française du morceau, qui fera un carton dans l’hexagone.
Gentlemen Racers
En plus de sa qualité intrinsèque, le morceau bénéficie d’un clip vidéo où le chanteur manie une nouvelle fois l’humour et l’autodérision avec un art consommé. Le clip est intitulé “Gentlemen Racers” et se déroule dans l’univers de la Formule 1 de la fin des années soixante. Le chanteur campe un pilote imaginaire du nom de Bob Williams qui se pose en rival du bien réel Jackie Stewart, alors en course pour son premier titre de champion du monde.
La vidéo est réalisée par Vaughan Arnell, auteur de déjà quatre clips pour le chanteur et qui en réalisera beaucoup d’autres par la suite. Le vidéaste anglais utilise des images d’archives où apparaît Jackie Stewart et intègre numériquement des images tournées avec Robbie Williams. L’illusion est parfaite. Une rivalité s’installe entre les deux pilotes, corroborée par des unes de journaux régulièrement affichés pour les besoins de la narration.
Grand Prix vintage
Le réalisateur prend un soin particulier à donner un aspect vintage au clip. Il utilise notamment la technique de l’écran partagé, souvent utilisée dans les films des années 1960 et 1970, et notamment dans le film Grand Prix (1966) de John Frankenheimer auquel on ne peut s’empêcher de songer. Les images tournées avec Robbie Williams reproduisent l’aspect délavé des images originales en pellicule 35mm où apparaît Jackie Stewart.
Face au sérieux du champion écossais, le personnage joué par le chanteur, excentrique et provocateur, détonne. Bien que destiné à faire rire, le clip prend pourtant une tournure dramatique avec une scène d’accident qui fait craindre le pire pour le héros. Mais le naturel revient au galop. Vaughan Arnell et Robbie Williams inventent une fin saugrenue et rocambolesque, qui permet de voir Jackie Stewart triompher… tout comme la vérité historique.
La grandiloquence mêlée au ridicule est un thème cher à Robbie Willimas qui s’efforce toujours de démontrer, à travers l’humour, que la célébrité est parfois un leurre. Lui-même pétri de talent et touché par la célébrité s’efforce de regarder le succès avec recul (ce qui ne l’empêche de combattre lui aussi des démons intérieurs). Tant dans le clip que dans la musique, Supreme déborde de références et d’emprunts. Le morceau est un sommet de pastiche raffinée qui réunit musique, cinéma, sport et humour britannique.






