LEGENDE – De 1925 à 1970, les 24 heures du mans se distinguaient par la nature du départ de la course, où les pilotes courent vers leur voitures. Le départ le Mans a pris fin pour des raisons de sécurité.
Si les 24 Heures du Mans sont devenues l’une des courses les plus célèbres du sport automobile, elle le doit entre autres à un rituel unique qui a animé ses départs pendant plus de quarante ans. Le départ Le Mans, emblématique et spectaculaire, consistait à faire courir les pilotes vers leur voiture au signal du départ, créant une scène chaotique qui a forgé la légende de l’épreuve.
Un départ au pas de course
C’est en 1925, lors de la troisième édition des 24 Heures du Mans, que les organisateurs instaurent ce mode de départ original. À l’époque, les voitures sont garées en épi du côté opposé de la piste par rapport aux stands. Au signal donné par un drapeau tricolore abaissé, les pilotes s’élancent à pied, traversent la piste pour rejoindre leur voiture. Ils démarrent ensuite l’engin et partent pour vingt-quatre heures d’efforts intenses.
Ce type de départ en entré dans l’imaginaire du sport automobile. Il reste présent sur les affiches officielles des éditions de 1950 et 1959. Il fait la couverture du premier album des aventures de Michel Vaillant, Le Grand Défi, sorti en 1955.



Ce type de départ, très spectaculaire, est toutefois très critiqué. Il ne répond pas, en effet, aux règles élémentaires de sécurité. Dans le but de gagner du temps, les pilotes négligent de s’attacher aux harnais de sécurité avant de démarrer, voire ne s’attachent pas du tout, attendant d’être en course pour le boucler. Le risque d’accident dès les premiers tours est alors élevé, et ce comportement contrevient à l’objectif même d’une course d’endurance : la fiabilité et la régularité sur le long terme.
La révolution Jacky Ickx et le drame John Woolfe
En 1969, le pilote belge Jacky Ickx proteste à sa façon contre ce départ Le Mans. Alors que ses concurrents se précipitent vers le bolide, il marche tranquillement vers sa Ford GT40, s’installe en veillant à s’attacher correctement puis démarre son bolide. Il se trouve que le belge remporte la course, démontrant que la sécurité n’est pas un frein à la performance. Mais surtout, au cours de la course, le pilote privé John Woolfe se tue au volant de sa Porsche 917, se tue alors qu’il courait sans avoir attaché sa ceinture de sécurité. Un drame qui sonne le glas du départ Le Mans.
Dès l’édition de 1970, ce type de départ est abandonné. Les organisateurs adoptent le départ lancé, similaire à celui pratiqué en Formule 1 ou dans les championnats d’endurance modernes. Les voitures s’élancent désormais en formation derrière une voiture de sécurité, évitant ainsi les risques liés à la précipitation.
Curieusement, bien que révolu, le départ Le Mans reste ancré dans l’imaginaire. Il fait toujours la couverture du premier album des aventures de Michel Vaillant, Le Grand Défi. Le terme départ Le Mans est entré dans le langage courant, désignant les départs où les concurrents courent jusqu’à leur machine, dans les épreuves de karting ou de triathlon. Il subsiste aussi dans certaines courses historiques ou de véhicules anciens, notamment lors des Le Mans Classic, où il est recréé à des fins purement spectaculaires et en respectant les normes de sécurité.






