Argentine 1978 : les affiches du boycott

Coba Boycott Argentine 1978

AFFICHES – La Coupe du Monde 1978, organisée dans l’Argentine des généraux sanguinaires, déclenche de nombreux mouvements de manifestation, appelant au boycott. Une multitude d’affiches voient ainsi le jour.

C’est en 1966 que la FIFA confie l’organisation de la Coupe du Monde 1978 à l’Argentine. Le pays vit alors dans une démocratie à la mode péroniste, mais le 24 mars 1976, deux ans avant le tournoi, un coup d’état de la junte militaire porte le général Rafael Jorge Videla au pouvoir. Celui-ci n’entend pas laisser s’exprimer la moindre opposition et c’est avec la torture qu’il éradique toute velléité contestataire.

Dictature militaire

On s’interroge alors sur l’opportunité de maintenir la Coupe du Monde dans l’une des pires dictatures de l’histoire. Mais les militaires du pouvoir argentin tiennent à organiser le tournoi, afin de redorer leur image aux yeux de l’opinion internationale. Après deux ans de dictature, Amnesty International déclare que 6000 personnes ont été exécutées et 15.000 ont disparu.



Alors que le comité d’organisation du tournoi, encadré par les militaires, s’efforcent de donner une bonne image du pays, des mouvements de boycott voient le jour un peu partout dans le monde. En France, le journaliste François Gèze fonde le COBA, Comité d’Organisation de Boycott contre l’Argentine. Il est soutenu par le sociologue Jean-Marie Brohm, l’une des plumes des plus virulentes à l’égard du sport de haut niveau. Se joignent également au mouvement l’écrivain Marek Halter, Jean-Paul Sartre, Jean-Marie Domenach, Louis Aragon, Yves Montand et Simone Signoret parmi les personnalités les plus en vue.

Boycott et pétition

Le mouvement lance une pétition que signent  150.000 personnes. Il fait également pression sur les joueurs et le staff de l’équipe de France pour ne pas qu’ils se rendent au tournoi. On prête même à ce mouvement la tentative d’enlèvement dont fut victime Michel Hidalgo quelques jours avant le décollage des Bleus pour Buenos Aires.



Car finalement, aucun footballeur qualifié ne manquera à l’appel. Le tournoi aura bien lieu et sera un triomphe pour l’Argentine qui verra son équipe l’emporter, dans une euphorie qui couvrira le cris des opposants torturés à quelques mètres du stade où s’est jouée la finale.


A propos de la Coupe du monde 1978, de l’Argentine et du boycott

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