BANDE DESSINEE – En 1980, l’attaquant anglais Kevin Keegan apparait dans les pages de la bande dessinée « Coup dur« , troisième tome des aventures d’Eric Castel.
Dans les deux premiers tomes de la série Eric Castel, le FC Barcelone n’était opposé qu’à des joueurs nés de l’imagination de Raymond Reding et François Hugues. Mais dans le troisième tome, « Coup dur » sorti en 1980, les lecteurs ont la surprise de voir une silhouette fort connue, celle de Kevin Keegan.
Un Anglais à Hambourg
Kevin Keegan est une figure du football de la fin des années 1970. Sacré deux fois Ballon d’Or, l’attaquant anglais s’est distingué avec le Liverpool FC champion d’Europe 1977. Quelques semaines après ce triomphe, Mighty Mouse (un surnom qu’on lui donne pour sa très relative petite taille) rejoindra les rangs du Hambourg SV.
Ainsi lorsque le FC Barcelone d’Eric Castel est amené à affronter le Hambourg SV en CEVA, les deux auteurs ne résistent pas à l’idée de dessiner la silhouette chevelue du meilleur attaquant anglais du moment, alors en exil dans le nord de l’Allemagne Fédérale.
Ce Kevin Keegan de bande dessinée attire toutes les attentions. On assiste à ses entraînements où il fait preuve d’une technique époustouflante. Sur le terrain, à l’occasion du match, il se distingue très vite en déclenchant l’action du premier but au nez et à la barbe du héros de la série.

Plus tard, juste avant la mi-temps, l’attaquant anglais fera preuve d’une certaine fourberie. Sur une action défensive, il administre un léger coup de coude à Stefan Stankovic, un coéquipier de Castel dont le sang bout très vite. Le Yougoslave se défend en frappant la star anglaise qui s’écroule au sol.
C’est alors que l’exemplaire Eric Castel croit bon d’intervenir. Il écarte son coéquipier d’autorité et tend la main à Kevin Keegan pour l’aider à se relever. Et là manque de chance, l’arbitre adresse un carton rouge… à Castel ! Il y a manifestement une erreur, mais l’homme en noir ne veut rien savoir. Eric Castel expulsé, qui l’eut cru ?
Un héros trop parfait
Dès la couverture, on avait bien senti que cette troisième aventure ne tournerait pas rond. On voit un Eric Castel en survêtement marcher dans une flaque d’eau. Il affiche un visage de colère sous un ciel fort orageux, assailli par les photographes et interpellé au loin par un Pablito au visage inquiet.

Ce tome 3 a ceci de particulier que l’on découvre un héros un peu moins lisse que sur les deux précédents tomes. L’injustice de l’expulsion dévoile un Castel méconnu. Il se met en colère contre ses coéquipiers et quitte le vestiaires en claquant la porte. On le voit ensuite errer dans les rues de la ville allemande puis trouver refuge dans un bar où il s’enfile bière sur bière en regardant le match diffusé en différé. Il rentrera à l’hôtel soutenu par ses compagnons de beuverie.
Les auteurs semblent avoir pris un malin plaisir à écorner quelque peu la réputation de leur héros trop parfait. Au point d’avoir oublié Kevin Keegan. Après la scène de l’expulsion, on verra bien l’Anglais inscrire un but en seconde période et puis plus rien.








