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G comme Grand Chelem

Scène de tennis (Roms003 - Pixabay)

VOCABULAIRE – Le terme Grand Chelem est fréquemment employé en tennis, en rugby, en golf, mais ne signifie pas tout à fait la même chose selon la discipline.

Le Grand Chelem est une expression qui désigne, dans le sport, une série de victoires. Son origine vient des jeux de cartes, notamment le whist et le bridge, où elle désignait le fait de remporter tous les plis dans une partie. 

Du golf au tennis

C’est en 1930 que la notion de Grand Chelem (ou Grand Slam en anglais) est employée dans le sport, précisément dans le golf lorsque l’Américain Bobby Jones remporte, la même année, les quatre tournois majeurs de son époque : l’Open britannique, l’Open américain, le championnat amateur des États-Unis et le championnat amateur de Grande-Bretagne.

Quelques années plus tard, le terme est employé en tennis par les journalistes John Kieran et Allison Danzig, du New York Times, quand l’Australien Jack Crawford, déjà vainqueur des Internationaux amateurs d’Australie, de France et de Grande-Bretagne, se qualifie pour la finale des Internationaux amateurs des États-Unis à Forest Hills. L’Australien s’incline devant le Britannique Fred Perry mais le terme de Grand Chelem a fait son chemin.

Toutefois, quand l’Américain Donald Budge s’impose à Melbourne, à Paris, à Wimbledon puis à Forest Hills, l’expression n’est guère employée dans la presse. L’Américain a pourtant remporté six tournois consécutifs (Wimbledon 1937, Etats-Unis 1937, Australie 1938, Roland‑Garros 1938, Wimbledon 1938 et Etats-Unis 1938) , ce qui en fait le recordman absolu. 

Ce n’est qu’en 1953 que l’expression est remise au goût du jour dans le tennis quand l’Américaine Maureen Connolly s’impose dans les quatre tournois majeurs, devenant la première femme à réaliser cet exploit. 

Le Grand Chelem au rugby

L’expression débarque à la même époque dans le monde du rugby. Le journal anglais The Times l’emploie quand le XV d’Angleterre remporte en 1957 ses quatre rencontres du Tournoi des V Nations. L’expression sera pérennisée à chaque exploit similaire, y compris lorsque le tournoi passera à six nations et que cinq victoires seront nécessaires pour réaliser le Grand Chelem. Les Britanniques par ailleurs emploient également le terme de triple-couronne lorsqu’une équipe britannique bat les trois autres au cours du tournoi. Une sorte de petit chelem, expression elle-même employées pour les chelems incomplets.

Le terme de Grand Slam , équivalent anglais de Grand Chelem, est également employé en baseball lors d’un home run réalisé lorsque les bases sont pleines, ce qui rapporte quatre points, le maximum possible en une action offensive. On en compte plus de cent par saison en MLB. L’expression est par ailleurs souvent employée dans le récit sportif, sans qu’elle soit aussi établie que dans le tennis, le golf ou le rugby. 

En tennis, l’Australien Rod Laver réalise deux fois le Grand Chelem, en 1962 puis en 1969. Si son premier est souvent sous-estimé du fait que les meilleurs joueurs de l’époque étaient passés professionnels et ne participaient plus aux tournois amateurs, le deuxième prend tout son sens puisque le tennis est entré dans son ère open depuis un an. L’Australienne Margaret Court réalise le cinquième Grand Chelem de l’histoire en 1970. 

A l’époque, trois des quatre grands tournois se disputent sur gazon, seuls les Internationaux de France sont joués sur terre battue. Dans les années 1970, l’Open d’Australie et l’US Open adoptent des surfaces en dur. Les joueurs doivent faire preuve d’une plus grande polyvalence, mais aussi d’une plus grande résistance puisque les tournois, où les matchs de multiplient, sont devenus plus longs. 

C’est probablement pour ces raisons que le Grand Chelem calendaire (les quatre titres durant la même année civile) est devenu rare. Le dernier de l’histoire est réalisé par Steffi Graf en 1988. Comme l’Allemande a également remporté le tournoi olympique cette année-là, les journalistes emploient le terme de Grand Chelem doré

Grand Chelem de carrière

En raison de la difficulté de remporter les quatre tournois la même année, certains joueurs revendiquent un Grand Chelem quand ils remportent quatre tournois consécutivement sur deux années, comme Martina Navratilova  (Wimbledon 1983, US Open 1983, Australie 1984, Roland-Garros 1984), Steffi Graf (Roland-Garros 1993, Wimbledon 1993, US Open 1993, Australie 1994), Serena Williams  (Roland-Garros 2002, Wimbledon 2002, US Open 2002, Australie 2003), Serena Williams encore (US Open 2014, Australie 2015, Roland-Garros 2015, Wimbledon 2015) et le premier homme Novak Djokovic (Wimbledon 2015, US Open 2015, Australie 2016, Roland-Garros 2016). Le recordman en la matière reste toutefois l’intouchable Don Budge et ses six tournois consécutifs en 1937 et 1938.

En golf, aucun champion n’est parvenu à réaliser le Grand Chelem depuis Bobby Jones en 1930. Les critères ont évolué depuis la création du Masters d’Augusta en 1934, qui oblige les golfeurs à remporter Augusta, le Championnat de la PGA, l’Open américain et l’Open britannique. Seulement six d’entre eux ont inscrit leur nom au palmarès des quatre épreuves : Gene Sarazen (1922-1935), Ben Hogan (1946-1953), Gary Player (1959-1978), Jack Nicklaus (1962-1986), Tiger Woods (1997-2019), Rory McIlroy (2011-2025).

En tennis, les Grands Chelems de carrière sont plus nombreux : Douze hommes et onze femmes ont réalisé cet exploit, souvent considéré comme le marqueur d’une carrière pleinement réussie. Aujourd’hui, les tournois de Wimbledon, Roland-Garros, l’US Open et l’Open d’Australie sont regroupés sous le terme générique de tournois du Grand Chelem. La boucle est bouclée.

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