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Brice de Nice, la yellow star

Brice de Nice

FILM – « Brice de Nice » de James Hunt (2005) n’est pas à proprement parler un film sur le surf, même s’il en est question tout au long du film.

Lorsque Brice de Nice sort sur les écrans en 2005, le personnage n’est pas vraiment un inconnu. L’acteur Jean Dujardin l’incarne depuis une dizaine d’années dans des sketchs à la télévision et au théâtre. Le film, réalisé par James Hunt, est donc une consécration tant pour le personnage que pour l’acteur qui joue au cinéma son premier rôle principal. 

Le surfeur qui n’a jamais surfé

Officiellement, Brice Agostini se présente comme un surfeur. Il se prend pour Bodhi, du film “Point Break” de Kathryn Bigelow sorti en 1991. Un film que Brice regarde tous les jours et dont il connaît les répliques par cœur. Mais à la grande différence du personnage de Patrick Swayze, celui de Jean Dujardin n’a jamais glissé sur les rouleaux. Il vit à Nice, au bord d’une Méditerranée qui, c’est bien connu, ne fait pas de vagues.

Le personnage en est d’ailleurs conscient. Dans une de ses répliques, il rappelle que la cité azuréenne n’a connu “aucune vague depuis 1979”, faisant référence au tsunami du 16 octobre 1979 qui avait touché l’aéroport de Nice et provoqué la mort de onze personnes.

L’autre trait de caractère de Brice de Nice est qu’il s’agit d’un sombre crétin. A la fois stupide et imbu de lui-même, ce gosse de riche n’a comme seul talent qu’un sens de la répartie qui lui permet de casser les personnes de son entourage. Cette prétention teintée de profonde stupidité est le ressort comique du personnage que Dujardin et Huth ont su porter, contre tout attente, sur grand écran.

Cassé !

L’acteur donne en effet sa pleine mesure dans un rôle voisin de celui d’OSS 117 qu’il incarnera à merveille quelques années plus tard. Les scénaristes ont eu la riche idée de créer de toutes pièces un personnage pour lui donner la réplique. Clovis Cornillac interprète alors un autre illuminé, tout aussi attachant, complexé par une déformation physique et qui voit en Brice l’occasion de soigner son infirmité. 

Les deux hommes, plutôt deux grands enfants, se retrouvent ainsi sur la côte basque où se dispute une grande compétition de surf. Brice y découvre un rival à sa hauteur, Igor d’Hossegor, interprété par Bruno Salomone, tout aussi enfantin, prétentieux et habile en répliques qui cassent. Car le duel final entre les deux hommes n’aura pas lieu sur les vagues mais dans une confrontation verbale de haut volée. 

Finalement, les scènes de surf se limitent à quelques secondes où Brice est confronté à une réalité qui lui ouvre les yeux : il n’a jamais été un surfeur. Tout son imaginaire se fracasse sur la première vague venue, à tel point que Bodhi, le personnage de Patrick Swayze, vient lui-même lui rappeler que le surf est un art qui ne s’offre pas au premier imbécile venu.

Ça farte ?

Les références au film de Kathryn Bigelow sont omniprésentes : “Dans Point Break, il y a… tout !” explique Brice à son camarade Marius. La figure de Bodhi apparaît plusieurs fois comme un guide spirituel. A la manière du personnage de Swayze, celui de Dujardin scrute l’horizon en attendant LA vague. Le scénario donne en outre un ultime clin d’œil : lorsqu’il est à cours d’argent, Brice se lance dans le braquage d’une banque avec un masque de Jacques Chirac. Il faut avoir vu « Point Break » pour capter la référence.

Le film de James Huth divise les amateurs de cinéma. Là où certains n’y voient qu’une comédie potache sur laquelle il est inutile de s’attarder, d’autres rappellent que celle-ci a lancé Jean Dujardin, qui deviendra l’un des rares acteurs français appelés aux États-Unis pour y recevoir un Oscar. Propulsé par un scénario de qualité et des acteurs impliqués, Brice de Nice demeure quoi qu’on en dise un très bon film. Une suite, “Brice 3” également signé James Huth, sortira dix ans plus tard, mais ne parviendra pas à glisser sur la vague. 

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