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H comme Hat Trick (ou Coup du chapeau)

Hat Trick

VOCABULAIRE – Le terme hat-trick (coup du chapeau) est employé dans de nombreux sports.

L’origine du hat-trick, littéralement le coup du chapeau, est forcément britannique. L’expression provient du cricket, un des sports les plus anciens du Royaume. Au fil des décennies, l’expression a conquis d’autres terrains : le football, le hockey, le rugby et même le sport automobile. Elle désigne à peu de choses près la même symbolique : la triple réussite.

Le premier chapeau : le cricket victorien

L’histoire commence en 1858, à Sheffield. Un certain H.H. Stephenson, joueur de cricket du comté de Surrey, affronte l’équipe d’Hallam. Ce jour-là, il réussit un coup rarissime : il élimine trois batteurs adverses sur trois lancers consécutifs. Un exploit inédit (ou du moisn fort rare) que ses coéquipiers célèbrent en lui offrant… un chapeau. De ce cadeau original naît le terme hat-trick, le coup du chapeau.

Le terme s’impose bientôt dans le vocabulaire officiel du cricket. Le hat-trick devient un symbole de perfection technique et de sang-froid. Il récompense l’homme qui, en trois instants décisifs, fait basculer une partie.

Trois buts dans un même match

Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, les colons britanniques emportent avec eux leur langue et leurs traditions sportives. Les clubs de crickets se multiplient en Australie, en Inde, en Afrique du Sud ou au Canada. Mais sur les rivières gelées du Québec et de l’Ontario se développe un autre sport : le hockey sur glace.

Dès les années 1910, les journalistes nord-américains utilisent le terme hat-trick pour désigner l’exploit d’un joueur qui inscrit trois buts dans le même match. L’expression séduit immédiatement par sa sonorité et son impact. Quand l’exploit a lieu, les supporters jettent littéralement leur chapeau sur la glace pour saluer le héros du jour.

Quand le football s’empare du hat-trick

Le football, sport universel, s’empare à son tout de l’expression. Le mot fait son apparition au début du XXᵉ siècle en Grande-Bretagne, avant d’être adopté par la presse sportive du continent dans l’entre-deux-guerres. En France, on commence à parler du  coup du chapeau dans les années 1930, mais l’expression anglaise demeurera, par prestige et par habitude, dans le jargon des commentateurs.

Traditionnellement, le hat-trick en football désigne trois buts inscrits par un même joueur dans le même match. Mais les puristes discutent : encore faut-il que les trois buts aient été inscrits consécutivement. Plus loin encore, le perfect hat-trick exige que le buteur ait employé le pied droit, le pied gauche et la tête.

Ainsi le hat-trick parfait a été réalisé un soir de juin 1984 à Saint-Étienne par Michel Platini lors de la rencontre du premier tour de l’Euro 1984 qui opposait la France à la Yougoslavie : une reprise du pied gauche, une tête plongeante et un coup franc du pied droit, le tout en moins de vingt minutes. Un exploit d’autant peu ordinaire que le capitaine français sortait d’un autre match, trois jours plus tôt, où il avait déjà marqué trois buts différents (pied gauche, pied droit, tête) contre la Belgique à Nantes. Mais comme ses coéquipiers avaient inscrit d’autres buts entre temps (Pauvres Belges : 5-0 !), il ne s’agissait pas d’un vrai hat-trick. Platini a donc rendu la copie parfaite à Saint-Étienne.

Quel autre footballeur peut se vanter d’avoir fait aussi bien que Michel Platini ? Les cas sont rares :

  • L’Anglais Gabriel Agbonlahor, le 17 août 2008, lors d’un Aston Villa-Manchester City (4-2) en ouverture de la Premier League, un triplé qui fait passer, en moins de sept minutes, le score de 1-0 à 4-0.
  • Le Croate Ivica Olić, le 27 avril 2010, à l’occasion du match Lyon-Bayern Munich (0-3) en demi-finale de la Ligue des Champions : Pied droit (26′), pied gauche (67′) et tête (78′).
  • Le Suédois Zlatan Ibrahimovic, le 19 juillet 2019 lors du derby Los Angeles Galaxy-LAFC (3-2) dans le championnat MLS américain : du droit (8′), de la tête (56′) et du gauche (70′).

Rugby, catches et moteurs : la triple victoire

L’expression s’est également développée dans d’autres sports. Dans le rugby, elle s’applique à un joueur marquant trois essais dans un même match (ou à la suite, selon certaines écoles). En sport automobile, l’on parle de hat-trick lorsqu’un pilote réalise la pole position, le meilleur tour et la victoire au cours d’un même Grand Prix. Dans le catch ou le golf, l’expression est parfois utilisée par métaphore, pour désigner trois succès consécutifs.

La rareté de l’exploit combinée à la magie du chiffre trois fait du hat-trick un moment exceptionnel de la chronique sportive.

A propos du coup du chapeau

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