L’ABC du foot

VOCABULAIRE – Petit glossaire du jargon footballistique à l’usage des non-initiés.

Aile de pigeon : Contrôle ou frappe du ballon derrière soi de l’extérieur du pied. Le Brésilien Socrates était capable de jongler de cette manière sans se démettre une hanche.

Arconada : terme utilisé en France pour désigner une erreur de gardien de but et qui célèbre la mésaventure du portier espagnol qui provoqua la défaite de son équipe contre la France en finale du Championnat d’Europe 1984.

Arrêts de jeu : voir temps additionnel.

Ballon : Sphère de cuir gonflée d’air autour duquel vingt-deux bonhommes s’affrontent sous le regard de quatre milliards d’individus.

Ballon d’Or : Trophée créé en 1955 par l’hebdomadaire français France-Football et remis au joueur élu meilleur footballeur d’Europe à l’issue d’un vote de journalistes. Réservé aux seuls ressortissants européens jusqu’en 1994, ce trophée est depuis ouvert aux joueurs de tout continent pourvu que ceux-ci évoluent dans un championnat européen.

Ballon de plomb : Trophée créé en 2003 par le site français Les Cahiers du Football et remis au joueur le plus… le moins… enfin, celui qui est capable d’assembler technique moyenne, choix de carrière foireuse et mentalité douteuse tout en évoluant au plus haut niveau. Réservé aux seuls ressortissants du championnat de France, le trophée disparut en 2013 par incompréhension du grand public.

Banc de touche : Sièges mis à disposition de l’entraîneur, de ses adjoints et des remplaçants sur le bord du terrain pour pouvoir suivre la rencontre dans de bonnes conditions.

Barre transversale : Morceau de métal large de 7,32 mètres joignant les deux poteaux de but. Un amendement stéphanois lui interdit une forme carrée.

Bicyclette : Reprise de volée dos au but. En Amérique du Sud, ce geste acrobatique est appelé une Chilena (Chilienne), car les footballeurs chiliens furent dit-on les premiers à le réaliser. En France, ce geste a été popularisé au début des années 1990 par Amara Simba, attaquant de l’AS Cannes et du Paris Saint Germain.

Blanco : dribble particulier consistant à bloquer le ballon entre les jambes et de sautez par dessus un adversaire au sol, réalisé en deux occasions par le mexicain Cuauhtemoc Blanco lors de la Coupe du Monde 1998. Un dribble également nommé le coup du crapaud.

Bosman : Nom donné à une loi passée en 1995 autorisant les clubs d’Europe à recruter des joueurs de toute nationalité sans limitation. Cet arrêt porte le nom de Jean-Marc Bosman, modeste attaquant belge qui se saisit des tribunaux européen suite à un transfert raté.

But : Point inscrit par une équipe au moment où le ballon entre dans la cage adverse. En Angleterre, çà se dit « Goal » , en Allemagne, « Tor » , et en Amérique du Sud, on dit « Goooooooooooooooooooool ! » .

Buteur : Homme qui le dernier a poussé le ballon pour qu’il entre dans la cage. Certains en ont même fait leur métier.

But immanquable : But manqué.

But en or : Règle inventée à la fin des années 1990 pour mettre fin aux matches qui s’éternisent dans la prolongations. La règle est simple : « First goal wins« . Durant son application, elle a été copieusement adoptée par la mythique équipe de France des années 1998-2000. Peu satisfaisante par ailleurs, elle a finalement été oubliée après la Coupe du Monde 2002.

But de raccroc : But inscrit de manière peu académique, voire à la limite de la régularité, de préférence en toute fin de match. (Précision : Contrairement à une croyance très répandue, Raccro n’est pas un joueur italien…).

Calcio : Jeu de balle pratiqué dans l’Italie de la Renaissance, essentiellement à Bologne et à Florence. Consistant à porter le ballon ou de le pousser avec le pied vers une ligne que protégaient l’équipe adverse, le terme de Calcio est demeuré en Italie pour désigner le football tel que le conçurent les Anglais.

Cape : Sélection d’un joueur en équipe nationale. Aux débuts du football, à la fin des années 1800, les joueurs sélectionnés en équipes d’Angleterre, d’Ecosse ou d’Irlande se voyaient remettre une petite casquette (« Cap » en Anglais) aux couleurs du pays. La casquette a aujourd’hui disparu, mais le terme est resté.

Carton (1) : Score si important que l’équipe qui a perdu fait penser à un carton de fête foraine criblé de balles. On dit aussi piquette, score-fleuve, valise, volée… (On peut même utiliser le terme de « Valise en carton » pour le Portugal). De nos jours, certains journalistes utilisent le terme de carton pour un 3-0. Signe des temps…

Carton (2) : Petit bristol de couleur brandit par l’arbitre à un joueur manquant de sportivité. Le carton jaune signifie un avertissement, le rouge une exclusion. Deux cartons jaunes reçu au cours du même match valent un carton rouge.

Casquette : Couvre-chef naguère porté par les gardiens de but. Aujourd’hui, un but-casquette est synonyme de but encaissé dans des conditions stupides (on dit aussi « But à la con »).

Catenaccio (« Cadenas » en Italien) : Disposition d’équipe à caractère défensif mis au point par Helenio Herrera, l’Entraîneur franco-argentin de l’Inter Milan dans les années soixante. Inspiré par le Verrou suisse des années trente, le Catenaccio est axé sur deux point : Renforcement de la défense avec un joueur libre (le « libero« ) et contre-attaque ultra-rapide par les ailes. Cette tactique permit à l’Inter Milan de remporter deux Coupes d’Europe consécutives. Certains esthètes hurlèrent à la mort du football. Aujourd’hui, toutes les équipes du monde s’appuient sur cette stratégie.

Derby : Rencontre opposant deux équipes d’une même ville, où du moins très proche géographiquement. Le nom provient du comté du nord de l’Angleterre où se disputait de nombreuses courses de chevaux. Les derbys les plus célèbres sont le Old Firm de Glasgow (Celtic-Rangers) et le Superclasico de Buenos Aires (Boca Junior – River Plate). Mais celui qui concerne votre équipe favorite est plus important encore.

Doublé : Terme généralement employé lorsqu’une équipe remporte, la même saison le championnat et la Coupe nationale. Le premier doublé fut réalisé en 1889 par le club de Preston, champion d’Angleterre et vainqueur de la Cup. En France, c’est le FC Sète (1934) qui réalisa l’exploit le premier. Aujourd’hui, il suffit de remporter deux compétitions, n’importe lesquelles, pour usiter le terme de « doublé ».

Feuille morte (coup franc en …) : Type de coup-franc direct inventé par le Brésilien Didi lors du match Brésil-Pérou (1-0) en éliminatoire de la Coupe du Monde le 21 avril 1957. La frappe est très travaillée et la trajectoire du ballon parait si légère qu’elle fait songer à une feuille qui tombe d’un arbre.

Football total : « Tout le monde attaque, tout le monde défend« , telle est la définition du football total donné par son inventeur, le Néerlandais Rinus Michels . Ce jeu, popularisé par l’Ajax Amsterdam au début des années 1970 puis dans la foulée par la sélection néerlandaise, préconise une grande polyvalence des joueurs (et une grande condition physique…). Selon la situation, le défenseur doit savoir se transformer en attaquant et vice-versa. Révolutionnaire dans les années 1970, le football total est monnaie courante aujourd’hui.

Goal-line technology (Technologie de la ligne de but) : Dispositif électronique et/ou vidéo d’assistance à l’arbitrage, utilisé pour déterminer de façon certaine si un ballon a franchi entièrement ou non la ligne de but. Mise en place lors de la Coupe du Monde 2014, l’équipe de France fut la première à en bénéficier.

Hat-trick : Terme employé pour souligner la réalisation d’un joueur qui inscrit trois buts consécutifs au cours du même match. Le terme vient du cricket, où lorsqu’un joueur réussit trois fois de suite un « trick« , il lui est remit un chapeau (« hat« ).

Hollandais volant : Légende maritime désignant un vaisseau fantôme provoquant des naufrages. Le thème a été popularisé par Richard Wagner dans un opéra du même nom. La presse sportive a repris ce terme au sens premier, pour désigner un athlète néerlandais au style aérien, de Fanny Blankers-Koen à Johan Cruijff. Seule exception notable : Dennis Bergkamp, un joueur qui a toujours refusé de prendre l’avion.

Hooligan : Abruti qui se rend au stade pour provoquer des bagarres. L’origine du terme remonte à la fin du XIXeme siècle, à l’époque où une bande de voleurs, menée par un dénommé Holley, semait la terreur dans les rue de Londres. Ce gang de Hooley (« Hooley’s gang« ) devint par contraction « Hooly gang » puis « Hooligan« . Une autre version prétend que Hooligan serait le nom d’une famille irlandaise peu recommandable, popularisée dans de nombreuses ballades. L’origine étymologique reste donc un mystère. Avant d’être employé dans le foot, ce terme et ses dérivés (« Hoolagan« , « Hoolikin« …) étaient utilisés dans les romans fin XIXème, et notamment par Mark Twain. Ce terme sera également repris par… Joseph Staline pour désigner les jeunes au comportement antisocial.

Hors-jeu : Règle un peu compliquée du foot qu’il serait vain d’expliquer en quelques lignes. Pour résumer, tout attaquant se retrouvant, au moment où un partenaire lui donne le ballon, seul devant le gardien adverse est suspecté de « position de hors-jeu ». Lorsqu’il s’agit de l’attaquant de l’équipe locale, il est d’usage de dire : « Pas au départ du ballon ! ». Si c’est celui du camp adverse, préférez : « Au moins de dix mètres ! ». Vous pouvez de toutes façons dire ce que vous voulez, c’est l’arbitre qui décide.

Joker : Nom donné au joueur entré en cours de jeu qui régulièrement inscrit le but décisif. De nombreux jeunes joueurs, tel le nantais Marama Vahirua en 2001, se font une spécialité de cette particularité. En Angleterre, ce type de joueur est appelé Super-Sub (« super substitute »), comme le David Fairclough ou Ole-Gunnar Solkjaer.

Kick and Rush : Football à l’Anglaise. Consiste à envoyer à grand coups de botte le ballon loin devant à l’attention de l’avant-centre doté d’une grande taille (ou au pire d’une excellente détente). Le terme quelque peu péjoratif est fréquemment employé pour une équipe britannique pratiquant un football rustique, dénué d’imagination… et néanmoins efficace. Ce fut aussi le nom, sur internet, d’un des tous premiers sites francophones spécialisés dans le foot anglais.

Kop : Groupe de supporters plutôt bruyants grimés aux couleurs de leur équipe favorite. Le Kop est à l’origine le nom du groupe de supporters du FC Liverpool, qui eux-même empruntèrent le nom de la tribune où ils sévissaient, qui elle-même fut baptisée ainsi en hommage à deux régiments britanniques décimés sur la colline sud-africaine du Spion Kop lors de la guerre des Boers. Si ce n’est pas clair, voir notre page sur la chanson « You’ll never walk alone ».

Lions Indomptables : Surnom donné aux joueurs de l’équipe nationale du Cameroun. Ces joueurs sont souvent indomptables, pas toujours du point de vue de leurs adversaires, mais plus souvent de celui de leur entraîneur. Voir tous les surnoms des sélections africaines.

Madjer : but inscrit d’une talonnade à ras de terre en passant le ballon derrière la jambe d’appui, un geste popularisé par l’attaquant algérien Rabah Madjer en finale de la Coupe d’Europe 1987 qui permit au FC Porto de battre le Bayern Munich.

Marquage : Art de se positionner près de son adversaire direct afin de l’empêcher de toucher le ballon. Un zèle dans cet exercice prend généralement le nom de marquage à la culotte.

Mercato d’été : Période de la saison où les joueurs changent de club.

Mercato d’hiver : Période de la saison où les clubs changent de joueurs.

Nantaise (Jeu à la …) : Terme employé pour définir un type de jeu popularisé par le Football Club de Nantes dans les années 1960. Un jeu plutôt offensif à base de courses exécutées dans le même sens par plusieurs joueurs, qui se transmettent le ballon à grande vitesse… De nos jours, personne ne sait plus vraiment ce qu’est exactement ce Jeu à la Nantaise. Toujours est-il qu’il suffit que des joueurs en jaune fassent trois passes consécutives pour que les commentateurs emploient le terme.

Panenka : Pénalty frappé d’un coup de pied piqué qui surprend le gardien. Inventé dans les années 1970 en Tchécoslovaquie par un joueur qui a donné son nom à cette technique.

Papinade : But inscrit en reprise de volée dans une position des plus inconfortables, telles que le réalisa en plusieurs occasions l’attaquant français Jean-Pierre Papin.

Pichichi : titre donné en Espagne au meilleur buteur du championnat espagnol, qui reçoit un trophée portant ce nom qui rend hommage à Rafael Moreno Aranzadi, attaquant de l’Atletic Bilbao au début des années 1920.

Pont (Grand…) : Dribble consistant à faire passer le ballon d’un coté de son adversaire et de le récupérer en passant de l’autre. Si vous tenez à employer un langage plus châtié, préférez le terme de double contact.

Pont (Petit…) : Dribble consistant à faire passer le ballon entre les jambes de son adversaire. L’usage veut que l’auteur du méfait conseille ensuite à son vis-à-vis de « mettre une soutane« .

Rémoise (corner à la …) : Nom donné à un coup de pied de coin tiré non pas directement devant le but adverse, mais passé à un coéquipier proche du tireur. Le Stade de Reims des années cinquante inventa ce type de corner lorsqu’il s’aperçut que rien, dans le règlement, n’interdisait de procéder de la sorte. Il est quand même un peu dommage qu’une action si peu spectaculaire soit affublé d’un nom synonyme de football-champagne.

Remplaçant : Joueur dont le nom ne figure pas dans le onze de départ et qui s’assoit sur le banc de touche en faisant la gueule en attendant qu’un coéquipier se blesse ou rate son match pour prendre sa place sur le terrain.

Scorpion (coup du…) : Arrêt réalisé par un gardien de but en repoussant le ballon avec les talons après l’avoir laissé passer au dessus de son corps. Réalisé à ce jour par le seul René Higuita, gardien de but colombien.

Scudetto Ecusson » en Italien) : Ecusson tricolore brodé du le maillot du club vainqueur du championnat italien. Par extension, Scudetto signifie le titre de champion d’Italie.

Soccer : Terme employé par les Américains, les Canadiens, les Australiens et autres habitants de pays anglophones pour désigner notre jeu favori et le différencier de leur football à eux.

Sombrero (coup du …) : Dribble consistant à faire passer le ballon par dessus son adversaire. La nationalité mexicaine n’est pas requise.

Super Eagles : Surnom donné aux joueurs de l’équipe nationale du Nigeria. Jusqu’en 1996, on les surnommait les Green Eagles, mais il changèrent de nom car… « les aigles verts, ça n’existe pas. Même au Nigeria. » .

Super Sub : voir Joker.

Supporter : Spectateur se rendant au stade affublé des couleurs de son équipe favorite et qui passe son temps à pousser ses joueurs par la voix, à siffler l’adversaire et à indiquer la direction des toilettes à l’arbitre.

Temps additionnel : Minutes supplémentaires accordées par les arbitres avant de siffler la fin du match initialement prévue à la 90e minute. On parlait naguère d’arrêts de jeu car ce temps de bonus était accordé à la louche pour compenser quelques interruptions ayant eu lieu durant le match. C’est désormais le quatrième arbitre qui décide du temps de jeu supplémentaire, information qu’il communique avec un panneau donnant le nombre de minutes restant à jouer.

Transfert : Transaction de joueurs entre clubs. Anime la presse sportive lorsque les épreuves sont en stand-by.

Toile : Loupé entraînant une occasion de but pour l’adversaire. Qu’elle soit l’oeuvre d’un grand peintre ou d’un gardien de but, une toile vaut généralement très cher.

VAR (Video Assistance Referee) : Système d’assistance vidéo mise en place pour aider les arbitres à prendre une décision. Sensé mettre fin aux décisions discutables de l’homme en noir, le système a finalement ajouté encore plus de polémiques.

Verrou : Disposition d’équipe à caractère défensif mis au point par l’entraîneur suisse Karl Rappan. Sorte de catenaccio avant l’heure, cette méthode fut éprouvée lors de la Coupe du Monde 1938 en France, où la formation helvétique déjoua l’équipe d’Allemagne.

W.M. : Disposition d’équipe très rationelle popularisée par Herbert Chapman, manager du club d’Arsenal dans les années trente. Sur un terrain de football dont chaque ligne de but est disposée en haut et en bas, dessinez un W sur toute la largeur du terrain, puis, en dessous un M. Placez un joueur aux angles de chaque lettre, et vous aurez une disposition d’équipe en 3-2-2-3. C’est le WM, qui perdura pendant plus de vingt ans, jusqu’au 4-2-4 des sélections hongroises puis brésiliennes dans les années cinquante.