A la poursuite d’un football romantique


LIVRE – Dans “Football de velours”, Jean-Félix Juguet Piazzola propose un voyage au coeur du football romantique, l’occasion de revisiter quelques grands classiques.

Le football est-il romantique ? A l’heure où la compétition (sportive et économique) prime sur le reste, il peut paraître curieux de réclamer au ballon rond une part de romantisme. Pourtant, c’est sur ce terrain que Jean-Félix Juguet Piazzola nous entraîne avec son ouvrage “Football de velours”.

Romantisme et fatalisme

L’auteur nous ramène en 1953 sur la pelouse de Wembley où l’équipe de Hongrie humilia le onze anglais dans sa forteresse réputée imprenable. La rencontre bien qu’amicale est demeurée le match du siècle tant il bouleversa les certitudes. Une révolution dans l’approche du football, avant tout collective et tactique, l’auteur emploiera le terme de “socialiste” pour définir la stratégie de l’entraîneur Gusztáv Sebes.

L’Ajax du début des années 1970 impose sur tous les terrains d’Europe un jeu enivrant, porté par les dribbles étourdissants de Johan Cruyff. Le football total de Rinus Michels est reproduit au sein de l’équipe nationale. Puis est transmis par Cruyff lui-même aux générations futures de l’Ajax et du FC Barcelone.

Le Brésil, inévitablement, apporte sa part dans la notion de football romantique, dans cette façon de conduire le ballon de façon si décontractée, de Pelé à Ronaldo, génération après génération, en passant par Socrates et Zico, les géants vaincus de 1982. De la même période surgit l’équipe de France de Michel Hidalgo, au jeu offensif et chatoyant.

La Hongrie, les Pays-Bas, le Brésil, la France, des équipes merveilleuses mais des équipes battues en finale, ou un peu plus tôt, quand l’évidence de leur victoire finale ne faisait plus aucun doute. Des sélections qui doivent leur légende au sentiment douloureux de l’incomplet de leur destinée.

Romantisme et pragmatisme

Le romantisme serait-il fatalement lié à la défaite ? Faut-il perdre un jour pour entrer dans le cercle des footballeurs romantismes ? L’auteur s’en défend en convoquant l’équipe d’Arsenal de 2003-2004, les Invincibles d’Arsène Wenger, sûrs de leur force et qui parviennent au bout de leur projet, remporter le championnat d’Angleterre.

Plus surprenant encore, il fait appel à l’Atletico Madrid de Diego Simeone qui déploie pourtant toutes les recettes du pragmatisme, ce qui ne l’empêche pas, au bout du compte, de perdre. L’auteur s’interroge par ailleurs sur la distance entre romantisme et pragmatisme. Les deux notions sont-elles antinomiques ?

Romantisme et réalisme

On s’intéresse ensuite à Marcelo Bielsa, qui fait pratiquer à ses équipes un football offensif qui ravit les foules autant qu’il les inquiète, tant la prise de risque est grande. L’entraîneur argentin ne reste jamais longtemps dans un même club. Ses histoires d’amour se terminent mal, en général.

Qu’est-ce qui fait, en somme, le romantisme du football ? Le fatalisme du beau jeu, forcément exposé aux défaites douloureuses ? La nostalgie qui embellit forcément les images du passé ? L’espoir d’une révolution qui en finirait avec les puissances austères ? “Football de velours” de Jean-Félix Juguet Piazzola propose quelques pistes de réflexion.

A propos de Jean-Félix Juguet Piazzola et du romantisme dans le football

  • Consulter La Vista, le blog football de l’auteur

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