Rino Della Negra, une étoile fusillée


LIVRE – “Rino Della Negra footballeur et partisan” (Libertalia 2022) de Dimitri Manessis et Jean Vigreux est une biographie détaillée d’un jeune résistant fusillé devenu un symbole du Red Star de Saint-Ouen.

Le nom de Rino Della Negra est devenu familier des habitués du stade Bauer à Saint-Ouen. Une plaque commémorative a été posée à l’entrée de l’enceinte du Red Star en 2004 pour célébrer le soixantième anniversaire de la mort du jeune résistant. Les supporters ont ensuite donné son nom à la tribune d’honneur. Depuis novembre 2020, une rue de Saint-Ouen porte également son nom.

Résistance et clandestinité

Rino Della Negra a été fusillé au mont Valérien le 21 février 1944. Il venait tout juste d’avoir vingt ans. Il s’était engagé dans la Résistance après avoir refusé de se rendre en Allemagne pour le STO, service de travail obligatoire. Entré en clandestinité, il a rejoint les rangs du groupe Manouchian pour résister contre l’occupant allemand.

En 1943, Rino Della Negra est arrêté suite à l’attaque de convoyeurs de fonds. En quelques jours, vingt-trois résistants du groupe Manouchian sont appréhendés. Ils seront exécutés en février 1944 au Mont Valérien.

Un espoir du Red Star

Né dans le Nord de la France de parents italiens, lesquels s’installent ensuite à Argenteuil en région parisienne, Rino Della Negra était aussi un grand footballeur en devenir. Il avait rejoint les rangs du Red Star, un club phare du football français, en 1943 après avoir fait montre de ses qualités dans une multitude de clubs et d’équipes d’entreprise. Il était un athlète complet, capable de courir le cent mètres en onze secondes (le record mondial de l’époque ne descendait pas encore en dessous les dix secondes). Il pratiquait également la boxe si l’on en croit certaines photographies.

Le nom de Rino Della Negra aurait pu être oublié. Son portrait ne figure pas sur la célèbre “affiche rouge” que l’occupant allemand avait placardée pour annoncer la condamnation des membres du groupe Manouchian. Une affiche produite pour décrédibiliser l’action des résistants, mais qui eut l’effet inverse auprès de la population française. Rino Della Negra n’a également participé à aucune rencontre de l’équipe première du Red Star. Il était parti pour une grande carrière, mais la guerre en a décidé autrement.

Mais le jeune footballeur résistant n’a pas été oublié. Sa mémoire est entretenue dans les travées du stade Bauer. Son porte porte des valeurs que défendent les supporters du Red Star, notamment celles de l’anti-racisme et de l’anti-fascisme. Rino Della Negra fait l’objet d’un livre publié par les éditions Libertalia et signé par deux historiens, Dimitri Manessis et Jean Vigreux. La biographie du garçon se veut précise, basées sur des documents et des informations méticuleusement recoupées. Elle donne également de nombreux éléments de contexte : celui de l’immigration italienne qui s’oppose au fascisme sous la bannière communiste, celui du football ouvrier de l’entre-deux-guerre et bien entendu la guerre, l’occupation et la résistance.

Rino Della Negra. Footballeur et partisan, de Dimitri Manessis et Jean Vigreux, éd. Libertalia 2022 – 10,00€

A propos de Rino Della Negra, de Dimitri Manessis et Jean Vigreux

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