Drames au stade


INVENTAIRE – Chronologie des catastrophes meurtrières ayant eu lieu dans un stade ou alentour à l’occasion d’un match de football.

Ibrox Park, Glasgow (Royaume Uni), le 5 avril 1902
Au début de la deuxième mi-temps d’un match international opposant l’Écosse à l’Angleterre, devant 70.000 personnes, une tribune s’effondre entrainant ses spectateurs dans une chute d’une douzaine de mètres : 26 morts et 527 blessés. Les fondements de la nouvelle tribune, composée de bois et soutenue par une armature de fer, avaient été endommagées par les fortes pluies tombées la veille. Le match interrompu sera rejoué le 3 mai au Villa Park de Birmingham, la recette étant versée aux familles des victimes. Ce type de tribunes sera interdite au Royaume Uni, préférant des gradins construits en dur ou sur des talus.

Burnden Park, Bolton (Royaume Uni), le 9 mars 1946
Alors que vient de débuter une rencontre du sixième tour de la FA Cup opposant Bolton Wanderers à Stoke City, des barrières s’effondrent sous la pression du public, provoquant la mort de 33 personnes et plus de 400 blessés. Plus de 85.000 personnes étaient entrées dans le stade prévu pour seulement 60.000 spectateurs. Le match arrêté quelques instants pour dégager les corps a repris un peu plus tard et été joué jusqu’à son terme.

Estadio Nacional, Lima (Pérou), 24 mai 1964
Dans les dernières minutes d’une rencontre Pérou-Argentine qualificative pour le tournoi olympique des Jeux de Tokyo, l’arbitre refuse un but à l’équipe péruvienne. Quelques spectateurs pénètrent alors sur le terrain. L’intervention brutale de la police crée un mouvement de panique, mais les spectateurs cherchant à quitter le stade sont bloqués par les grilles fermées puis sont écrasés par le flux. C’est le plus terrible bilan des catastrophes à l’occasion d’un match de foot : 318 morts et plus de 800 blessés.

Atatürk Stadium, Kayseri (Turquie) le 17 septembre 1967
La rencontre au sommet de la deuxième division du championnat turc oppose le Kayseri Erciyesspor et Sivasspor et se disputent devant 21.000 spectateurs dans une ambiance survoltée, de nombreux supporters visiteurs n’ayant pu entrer dans le stade faute de place. Après vingt minutes de jeu, alors que Kayseri a ouvert le score, une bagarre éclate entre les joueurs sur le terrain. Celle-ci se prolonge dans les tribunes entre supporters qui se lancent des pierres. Les supporters visiteurs tentent d’échapper aux projectiles par la pelouse mais ils sont énergiquement repoussés par la police. Ils tentent alors de rejoindre la sortie des tribunes. La panique provoquera la mort de 41 personnes et plus de 600 blessés. La rencontre est arrêtée par l’arbitre. Les joueurs resteront dans les vestiaires jusqu’à minuit par crainte d’être attaqués. Les affrontement entre supporters se poursuivront toute la nuit en ville.

Estadio Monumental, Buenos Aires (Argentine), le 23 juin 1968
Peu avant la fin du match River Plate – Boca Juniors (0-0), des spectateurs qui souhaitaient quitter le stade avant la fin du match se retrouvent bloqués par une porte fermée. Les premiers arrivés sont pressés contre la porte par le flux de spectateurs qui arrivent derrière et ne comprennent pas que l’issue est bloquée. 71 personnes, notamment des enfants, périront écrasées et plus de 150 seront blessées.

Kirikhala (Turquie), 25 juin 1969
Des bagarres et des coups de feu éclatent dans le public au cours d’un match : 10 morts et 102 blessés.

Bikavu (Zaïre), 25 décembre 1969
Des mouvements de foule dans un stade bondé provoquent la mort de 27 personnes et 52 blessés.

Johannesbourg (Afrique du Sud), 1971
Une tribune s’effondre pendant le match Kaiser Chiefs – Sivas : 40 morts et plus de 600 blessés.

Ibrox Park, Glasgow (Royaume Uni), le 2 janvier 1971
Dans les dernières minutes d’une rencontre opposant les Rangers au Celtic, de nombreux spectateurs quittent le stade alors que le Celtic mène 1-0. Mais une égalisation de dernière minute provoque un reflux de spectateurs. Les barrières de l’escalier cèdent, provoquant un mouvement de foule où de nombreuses personnes sont écrasée. 66 personnes trouvent la mort parmi lesquels de nombreux enfants. Plus de 200 sont blessées. C’est le deuxième drame de l’histoire du stade d’Ibrox, après celui du 5 avril 1902.

Stade International, Le Caire (Egypte), le 17 février 1974
A l’occasion d’une rencontre amicale opposant le Zamalek du Caire au Dukla Prague, 80.000 personnes sont présentes dans un stade à capacité moindre. Sous le poids, un mur du stade s’effondre et provoque la mort de 48 personnes et 47 blessés.

Tolima (Colombie), 1981
Au cours du match Deportes Tolima – Deportivo Cali, un mur du stade s’écroule :  18 morts et 45 blessés.

Stade Karaiskaki, Le Pirée (Grèce), 8 février 1981
A la fin du match Olympiakos-AEK Athènes (6-0), des spectateurs sont bloqués par une porte fermée alors qu’ils cherchent à quitter l’enceinte : 21 morts et 55 blessés.

Estadio Pascal-Guerrero, Cali (Colombie), 1982
Un mouvement de foule provoque la mort de 22 personnes et plus de 100 blessés.

Stade Loujniki, Moscou (URSS), 20 octobre 1982
Dans les dernières minutes du match de Coupe UEFA opposant le Spartak Moscou au club néerlandais de Haarlem, des spectateurs quittent massivement le stade. Mais un nouveau but de l’équipe locale provoque un reflux qui se heurtent aux autres partants dans un couloir étroit. Trois morts sont déclarés, avant que l’Etat soviétique n’en déclare 66 quelques jours plus tard. L’événement a longtemps été étouffé par les autorités soviétiques. Il n’a été connu à l’étranger qu’en 1989 suite à une enquète indépendante dans le cadre du Glasnost. Le nombre exact de victimes reste inconnu, mais approcherait de 340 morts.

Stade Valley Parade, Bradford (Royaume Uni), 11 mai 1985
A l’occasion d’un match de quatrième division anglaise opposant Bradford City à Lincoln, diffusé en direct à la télévision, un incendie se déclare dans la tribune principale du vieux stade peu avant la mi-temps. Une cigarette mal éteinte aurait enflammé des déchets accumulés depuis plusieurs années sous les gradins, le vent ayant accentué la propagation des flammes. L’effondrement de la tribune puis les grilles fermées sur lesquels se heurtent les spectateurs cherchant à sortir entrainent la mort de 56 personnes et plus de 200 blessés.

Stade Olympique de Mexico (Mexique), 26 mai 1985
A l’occasion du match retour de la finale du championnat mexicain opposant les Pumas de l’UNAM au Club América, le stade est comble mais de nombreuses personnes cherchent encore à entrer. Dans l’un des tunnels conduisant vers les tribunes, le tunnel 29, la cohue est telle que huit personnes y perdront la vie, notamment cinq jeunes de 12 à 18 ans.

Heysel, Bruxelles (Belgique), 29 mai 1985
Juste avant la finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions qui doit opposer Liverpool à la Juventus Turin, la tribune Z principalement occupée par des supporters italiens est la cible d’une charge de hooligans anglais. Pris de panique, les spectateurs affluent vers le bas de la tribune, provoquant d’abord un écrasement des personnes puis l’écroulement d’un mur : 39 morts et plus de 600 blessés. Le match est disputé pour éviter d’autres incidents. Suite à cette catastrophe restée dans l’histoire sous le nom de drame du Heysel, les tribunes debout seront interdites dans les stades d’Europe. En outre, les clubs anglais seront privés de compétitions européennes durant cinq saisons.

Stade Dasarath Rangasala, Katmandou (Népal), 12 mars 1988
Une violente averse de grêle survenue au cours d’un match opposant la sélection du Népal à celle du Bangladesh provoque un mouvement de foule : 93 morts et plus de 100 blessés.

Hillsborough, Sheffield (Royaume Uni), 15 avril 1989
A l’occasion d’une demi-finale de FA Cup devant opposer Liverpool à Nottingham Forest au stade Hillsborough de Sheffield, un public nombreux est encore à l’extérieur du stade alors que le match va débuter. La police ouvre alors une grille, la foule s’y engouffre et accède à une tribune déjà pleine. La poussée provoque une bousculade, certains spectateurs se retrouvent comprimés contre les grillages. Le match débute à 15 heures mais est interrompu après six minutes de jeu lorsque les spectateurs s’échappent de la tribunes et occupent une partie du terrain. 95 personnes trouvent la mort, plus de 700 sont blessés. Une 96e victime succombera à ses blessures quatre ans plus tard.

Stade Armand-Cesari, Furiani (France), 5 mai 1992
A l’occasion de la demi-finale de Coupe de France qui oppose Bastia à l’Olympique de Marseille, une tribune tubulaire, pouvant accueillir 9.300 spectateurs, est montée à la hâte au stade Armand-Cesari en lieu et place d’une ancienne tribune de 750 places. Mais quelques minutes avant le début du match, cette tribune s’effondre sous le poids des spectateurs. Certains d’entre eux chutent d’une quinzaine de mètres. : 18 morts et plus de 2300 blessés. Le match est aussitôt annulé et ne sera jamais joué. La finale de la Coupe de France est également annulée.

Stade José de Alvalade à Lisbonne (Portugal), 7 février 1995
Une passerelle du stade s’effondre à l’occasion d’une rencontre de championnat, provoquant la mort de 2 personnes.

Lusaka (Zambie), 16 juin 1996
Une bousculade à la sortie du stade suite à la rencontre Zambie-Soudan éliminatoire de la Coupe du monde 1998 provoque la mort de 9 personnes et 52 blessés.

Estadio Mateo Flores, Guatemala City (Guatemala), 16 octobre 1996
Juste avant une rencontre qualificative pour la Coupe du Monde 1998 qui devait opposer les sélections du Guatemala et du Costa Rica, des spectateurs entrent de force dans les tribunes déjà garnies de nombreux spectateurs. Celle-ci s’effondre provoquant la mort de 84 personnes et plus de 200 blessés. Le stade de 37000 places sera interdit pendant deux ans par la FIFA. Des travaux de rénovations seront effectués durant cette période.

Harare (Zimbabwe), 9 juillet 2000
A l’occasion de la rencontre Zimbabwe-Afrique du Sud, des heurts entre spectateurs et policier provoquent la mort de 13 personnes et plusieurs dizaines de blessés.

Ellis Park, Johannesburg (Afrique du Sud), 11 avril 2001
Des spectateurs s’affrontent à l’occasion d’une rencontre entre Kaisers Chiefs et Orlando Pirates, provoquant le mort de 43 personnes et 160 blessés.

Stade de la Kenya, Lubumbashi (RD Congo), 9 avril 2001
A l’occasion du match au sommet disputé devant 30.000 spectateurs, les supporters du FC Lupopo s’en prennent à ceux du Tout-Puissant Mazembe quand ce dernier égalise à dix minutes du coup de sifflet final. Alors que les bagarres se déclenchent en tribunes, des spectateurs envahissent le terrain et interrompent la rencontre. La police intervient avec des gaz lacrymogènes créant un mouvement de panique dans la foule. Une lourde grille métallique séparant deux tribunes s’effondre sur les spectateurs. Alors qu’un grand nombre essaient de quitter le stade, ils se heurtent à des portes fermées. La bousculade fait 10 morts et 51 blessés.

Sari (Iran), 6 mai 2001
Pendant la deuxième mi-temps d’un match opposant les clubs de Pirouzi (Téhéran) et Chamouchak (Nochahr) devant 20.000 spectateurs à Sari, dans le nord de l’Iran, une tribune s’effondre et entraine la mort de 18 personnes et 287 blessés.

Sports Stadium, Accra (Ghana), 9 mai 2001
A l’occasion d’une rencontre au sommet du championnat ghanéen opposant Hearts of Oak (Accra) à Asante Kotoko (Kumasi), les supporters visiteurs manifestent leur mécontentement suite à un but adverse qu’ils estiment irrégulier. Alors qu’ils arrachent des sièges pour les jeter sur la pelouse en même temps que des engins pyrotechniques, la police intervient en utilisant des gaz lacrymogènes. Les spectateurs tentent de s’enfuir mais les portes du stade sont fermées. La bousculade provoque la mort de 127 personnes et plus de cent blessés. C’est le drame le plus meurtrier de l’histoire du football africain.

Stade Kégué, Lomé (Togo), 10 octobre 2004
A l’issue de la rencontre Togo-Mali comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2006, une coupure de courant crée la panique dans le foule, causant la mort de 4 personnes et 8 blessés.

Stade Azadi, Téhéran (Iran), 25 mars 2005
Suite à la rencontre Iran-Japon éliminatoire de la Coupe du monde 2006, une bousculade à la sortie du stade provoque la mort de cinq personnes et 40 blessés

Stade El Campin de Bogota (Colombie), 12 mai 2005
Un affrontement entre supporters de l’Independiente Santa Fe et de l’America de Cali provoquent la mort d’une personne poignardée et 24 blessés.

Stade municipal de Chililabombwe (Zambie), 2 juin 2007
A l’issue d’une rencontre dans un stade plein (18 000 spectateurs), un escalier s’effondre et provoque un mouvement de panique dans lequel douze personnes trouvent la mort et où 46 sont blessées.

Stade Fonte Nova, Salvador de Bahia (Brésil), 25 novembre 2007
A la fin d’une rencontre de deuxième division entre Vilanova et Bahia, la partie supérieure d’une tribune en béton cède sous le poids des spectateurs et provoque des chutes de plusieurs mètres de hauteur. Sept personnes trouvent la mort, une dizaine sont blessées.

Stade Municipal, Butembo (RD Congo), 14 septembre 2008
A l’occasion du derby opposant Socozaki et Nyuki System, une bagarre entre joueurs, si vive que la police intervient. Les forces de l’ordre deviennent la cible de projectiles venus des tribunes. Elles tentent de ramener l’ordre en tirant des cartouches de gaz lacrymogène, mais cela provoque une bousculade. 13 enfant entre 11 et 16 ans trouvent la mort. 54 personnes sont blessées.

Stade Félix Houphouët-Boigny, Abidjan (Côte d’Ivoire), 29 mars 2009
Avant que ne débute la rencontre Côte d’Ivoire-Malawi, le portail d’accès à une tribune virage du stade cède sous la pression de spectateurs qui craignent de manquer le coup d’envoi. La bousculade provoque la mort de 19 personnes par piétinement et fait 135 blessés.

Port Saïd (Égypte), 1 février 2012
A l’issue du match de championnat remporté par Al Masry, le club local, face à Al Ahly, club du Caire, les supporters locaux prennent d’assaut les tribunes et attaquent les spectateurs. Certains trouvent la mort piétinées, poignardées ou suite à une chute des gradins : 74 morts et 388 blessés. A l’issue du procès un an plus tard, 21 agresseurs sont condamnées à la peine de mort.

Stade du 4-Janvier, Uige (Angola), 10 février 2017
Alors que le stade affiche complet pour la rencontre opposant le promu Santa Rita au Recreativo Libolo, de nombreux spectateurs, certains non munis de billets, cherchent encore à entrer. Alors que le match a déjà commencé, les entrants se heurtent à un cordon de sécurité. La bousculade provoque la mort de 17 personnes et 58 blessés.

Stade Olembe, Yaoundé (Cameroun), 24 janvier 2022
Peu avant le huitième de finale de la CAN 2022 qui doit opposer les équipes du Cameroun et des Comores, un mouvement de foule a lieu autour du seul portail d’entrée du stade Olembe, qui vient d’être inauguré en dépit d’infrastructures encore insuffisantes. La bousculade provoque la mort de huit personnes et une quarantaine de blessés.

A propos des tragédies de stade

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