Kéru, cœur de Bretagne


SCULPTURE – Le 24 octobre 2021, la ville de Carhaix, au coeur de la Bretagne, a inauguré la statue d’un footballeur, l’illustre Raymond Kéruzoré.

La ville de Carhaix, dans le Finistère, n’aime rien tant que rendre hommage aux personnalités bretonnes en dressant une statue à leur effigie. Ainsi les sœurs Goadec, trois chanteuses très populaires en Bretagne, furent honorées, tout comme l’écrivain Anatole le Braz, le Général de Bollardière et le cheminot Ernest Brocher.

Figure de Bretagne

La ville des Vieilles Charrues aime aussi honorer les figures du sport. En 2018, elle a inauguré les statues des quatre as du cyclisme breton : Bernard Hinault, Louison Bobet, Jean Robic et Lucien Petit-Breton. En 2021, c’est un footballeur qui se voit accéder à l’éternité par une statue, Raymond Kéruzoré.

Raymond Kéruzoré (France)

Le dimanche 24 octobre 2021, c’est le champion lui-même qui inaugure la statue de bronze à son effigie. Raymond Kéruzoré est en effet le premier footballeur français statufié de son vivant. Raymond Kopa, en 2018 à Reims, puis Jean Prouff et Henri Michel, en 2021 à Nantes, n’ont en effet connu cet honneur qu’à la suite de leur décès.

La statue de Kéru est donc visible à Carhaix, devant l’école de la République, sur le boulevard du même nom. Elle ne se trouve pas loin du terrain où l’ancien professionnel a dirigé l’équipe locale, qui brille dans les championnats amateurs. La statue de bronze représente Kéru conduisant le ballon de l’extérieur du pied droit. D’une hauteur de 2,30 mètres, elle est l’œuvre des sculpteurs Kere Dali et Laëtitia-May Le Guélaff.

Contrairement à l’Angleterre, la statufication des footballeurs est un phénomène très récent en France. La statue de Kéruzoré n’est que la troisième du genre dans l’hexagone après Kopa, Prouff et Michel. On peut certes ajouter l’œuvre itinérante d’Abel Abdessemed représentant le coup de tête de Zidane, mais celle-ci a été créée en tant qu’oeuvre artistique sans volonté d’hommage. En Angleterre, une statue de Thierry Henry fait la joie des touristes qui visitent l’Emirates Stadium.

Raymond Keruzoré, natif de Châteauneuf-du-Faou, a fait les beaux jours du Stade Rennais, puis de Laval, Brest et Guingamp. Il a également joué à l’Olympique Marseille le temps d’une saison. Il a connu deux sélections en équipe de France à l’époque de Michel Hidalgo. Il deviendra entraîneur avant de se retirer du football professionnel en 1986.

Le farfadet de la lande

Il est souvent considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du football breton. Non pas pour son palmarès finalement bien maigre, mais pour l’impression qu’il laissa au public breton pour son élégance, son goût des défis et… son sale caractère.

Dans “L’année du football 1977” (Calmann Levy), Jacques Thibert décrit ainsi le joueur breton : “Kéruzoré est au football ce que les impressionnistes sont à la peinture. A petites touches colorées, il établit sa vérité et enchante l’ œil. C’est un créateur, capable non seulement de distribuer lumineusement les ballons mais aussi de provoquer l’action inattendue, d’une inspiration soudaine. Il est à l’origine d’une passe fulgurante, d’une ouverture à contre-pied, d’une percée meurtrière à l’issue d’une longue chevauchée. Avec ses longs cheveux et son style sautillant, il est le farfadet de la lande“.

(Article de Ouest-France chipé sur Twitter)

Ouest-France

A propos de Raymond Kéruzoré, de la Bretagne et des statues de footballeurs

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