Le LOSC comme un grand d’Europe


BANDE DESSINEE – En 1990, le LOSC connait l’ivresse d’une victoire contre le Barça en demi-finale de la Coupe d’Europe. Un exploit de papier signé Raymond Reding pour son héros Éric Castel.

Dans les quinze tomes qui content ses aventures, Éric Castel a rencontré plusieurs clubs français. Le FC Nantes, l’AS Monaco, le Paris Saint-Germain (il y a même joué) et enfin Lille, dans le quatorzième et avant-dernier album de la série, “Cinquième but pour Lille“, sorti en septembre 1990.

Un Dogue nommé Bob Martin

Le choix du LOSC a de quoi surprendre. Le club nordiste, dans la réalité, n’a alors jamais disputé la moindre rencontre de Coupe d’Europe. S’il fut le grand club français de l’après-guerre, son dernier titre remonte à 1954. La Coupe des Champions Européens sera créée deux ans plus tard, alors que le club entrait doucement dans le rang.

Peu importe. Raymond Reding et Françoise Hughes ont décidé de faire du LOSC un grand club européen, qui rencontre le Barca d’Éric Castel en demi-finale de la CEVA, Coupe d’Europe des Villes d’Art. Les Catalans redoutent particulièrement les Dogues lillois. Et parmi eux la grande vedette locale, un certain Bob Martin.

Recherches faites, ce Bob Martin n’existe que dans l’imagination des auteurs de la BD. Nous n’aurons pas un nouveau Kevin Keegan ou de Henri Michel, footballeurs du monde réel qui furent invités dans l’univers fictif d’Éric Castel, respectivement dans les albums “Coup dur” et “Droit au but“.

Bob Martin est l’homme du match aller au Camp Nou. Il inscrit deux buts, dont un sur un incroyable retourné acrobatique, et permet au LOSC de mener 0-2 à la mi-temps. Mais Éric Castel répond coup sur coup à la vedette lilloise et réalise son doublé. Match nul 2-2.

Eric Castel au poste

Une grosse surprise attend les spectateurs du stade Grimonprez-Jooris au match retour : Éric Castel n’est pas aligné dans le onze de départ du Barça. Notre héros se trouve en effet menotté dans un poste de police où il doit donner une explication sur sa présence dans le Musée des Beaux-Arts de Lille où il s’est retrouvé enfermé. Ses coéquipiers catalans se débrouillent toutefois très bien sans lui, ouvrant le score sur un magnifique coup-franc.

Bien entendu, Lille se réveille et notamment l’inévitable Bob Martin, qui réalise un nouveau doublé et permet au LOSC de mener 2-1 à la pause. Heureusement pour le Barca, Éric Castel parvient à se sortir de son imbroglio à temps pour jouer la deuxième période. Où il inscrit un but qui met les deux équipes dans une parfaite égalité : 2-2.

Tirs au but

Il faut donc procéder aux tirs au but, une première dans la série. Les auteurs intègrent un aspect du foot qui s’est beaucoup généralisé dans les années 1980, et qui représente une forme de modernité footbalistique. S’ils ont longtemps été décriés pour leur caractère injuste, les tirs au but font désormais partie de la dramatique des scénarios de football.

Cette série de tirs au but sera remportée par le LOSC et Bob Martin, auteur du “Cinquième but pour Lille“. Une surprise telle que même Raymond Reding, l’auteur, en est bouleversé. Au point de commettre une petite erreur en indiquant que Lille “devient demi-finaliste de la CEVA” alors qu’il l’était déjà. Lille est en finale de la Coupe d’Euroe des Villes d’Art, comme l’ont été Nantes et le Paris Saint-Germain. Une épreuve qui semble taillée pour le football français.

Cet épisode d’Eric Castel a dû mettre du baume au cœur aux supporters du LOSC qui désespèrent à l’époque de voir un jour leur club disputer une Coupe d’Europe. Au moment où sort l’album, les Dogues dirigés par Jacques Santini réalisent leur meilleure saison depuis fort longtemps. Ils terminent à la sixième place du classement, à quelques encablures d’une place européenne. Le club lillois devra attendre le XXIeme siècle pour découvrir enfin l’ivresse des soirées européennes.

A propos du LOSC, d’Eric Castel et de la Coupe d’Europe

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