12 juillet

C’était un jour parfait

ROMAN – Le roman « 12 juillet » (Salto, 2016) de Bruno Colombari met en scène trois personnages devant la TV, le soir où la France remporta pour la première fois la Coupe du Monde.

Quand elle s’approche des choses du ballon rond, la littérature nous rappelle combien certains matchs ont pu changer des vies. En France, on évoque volontiers le Bayern-Saint Etienne de 1976 (« Les poteaux étaient carrés » de Laurent Seyer) ou le France-RFA de 1982 (« Séville 82, le match du siècle » de Pierre-Louis Basse).

Un beau dimanche de juillet

Bruno Colombari s’est quand à lui penché sur le France-Brésil de 1998 avec son roman « 12 juillet » édité en 2003 puis réédité chez Salto en version augmentée en 2016. L’ouvrage nous invite à assister à la finale de la Coupe du Monde 1998 aux côtés de Louise, Fred et Giovanni dans leur maison de campagne, dans le sud de la France.

L’histoire du match se mêle alors à celles de chacun des protagonistes qui prennent la parole tour à tour, à la manière des héros de « Love etc. » de Julian Barnes. Le match est ainsi commenté à différents niveaux d’implication, passant du passionné érudit au type peu concerné par les choses du ballon rond.

L’auteur s’est appliqué à glisser des éléments autobiographiques dans la vie de chaque personnage. Les trois héros ont autour de la trentaine. Ils ont passé leur jeunesse dans les années quatre-vingt et évoquent parfois non sans nostalgie les années Mitterrand, celles de Tchernobyl et de Malik Oussekine, du mur de Berlin et de « Brazil« , le film de Terry Gilliam. Sans oublier bien entendu les références aux années Platini, quelque part entre Séville et Guadalajara.

A chacun son 12 juillet

Le roman détaille quasiment minute par minute chacune des actions du match phare sur lesquelles intervient chaque protagoniste. Chacun des buts déclenche un rebondissement, notamment le dernier, inscrit à la toute dernière minute, qui bouleverse la vie des trois héros.

On a tous un souvenir commun du 12 juillet 1998, et en même temps, nous avons tous connu une histoire différente, personnelle, intime, en ce jour si particulier. Le roman de Bruno Colombari résume à merveille cette dualité entre mémoire collective et souvenirs personnels.

A propos de Bruno Colombari et de « 12 juillet »