Coupe de la Ligue 2003-2020

Adieu Coupe de la Ligue

TROPHEE – Une compétition qui disparait emporte avec elle le trophée qui a fait son histoire. Que va devenir l’œuvre de l’artiste Pablo Reinoso ?

Après vingt-six éditions, la Coupe de la Ligue disparait du calendrier du foot français au terme de la finale de l’édition 2020 qui oppose le Paris Saint-Germain à l’Olympique Lyonnais.

Spirale ascendante

A vrai dire, peu de monde regrettera cette épreuve qui en vingt-cinq ans n’a jamais donné l’impression de servir à autre chose que créer quelques rencontres supplémentaires à vendre aux chaînes de télévision. Aucun club n’inscrivait comme objectif cette compétition qui voulait ressembler à la Coupe de France mais qui n’opposait que des équipes de remplaçants dans des stades vides.

On regrettera peut-être une chose, c’est ce joli trophée remis au vainqueur depuis 2003. Cette curieuse coupe est l’œuvre de l’artiste franco-argentin Pablo Reinoso qui selon ses propres mots, voulait matérialiser par une spirale ascendante une compétition qui est elle-même une longue marche ascendante.

« Les équipes doivent suivre un chemin qui, pas à pas, les amène à un dénouement » précise l’artiste, ce à quoi on pourrait préciser qu’il s’agit là du principe même de toute épreuve à élimination directe. Les mauvaises langues ajoutent que ce trophée permet surtout de constater que l’épreuve présente des contours dorés, mais que son contenu est vide…

Coupe moustache

C’est Ludovic Giuly, le capitaine de l’AS Monaco vainqueur (4-1) du FC Sochaux à l’occasion de la neuvième finale qui a brandit le premier le fameux trophée. Celui-ci avait été commandé par le nouveau président de la Ligue Nationale, l’avocat Frédéric Thiriez, qui outre le trophée fit concevoir un habillage graphique de haute qualité pour une épreuve qu’il défendait becs et ongles.

L’épreuve en était même ironiquement surnommée la « Coupe Moustache » en hommage aux superbes bacchantes qui barraient le visage du président de la Ligue. C’était toujours mieux que la « Coupe Machin » selon certains entraineurs méprisants ou la « Danseuse de la Ligue » par les dirigeants qui l’étaient tout autant.

Une réplique miniature du trophée était remise à chaque joueur de l’équipe vainqueur de la finale. Certains l’ont emporté plusieurs fois, parmi lesquels Mickaël Pagis, vainqueur deux années consécutives (2004 et 2005) avec deux clubs différents (Sochaux puis Strasbourg), ce qui lui fit déclarer : « On ne va pas non plus sauter au plafond, ce n’est pas la Coupe du monde. »

La dernière finale reportée

La finale de la vingt-sixième et dernière édition, opposant le Paris Saint-Germain à l’Olympique Lyonnais, devait avoir lieu le 4 avril 2020 au Stade de France. Mais la pandémie du Covid 19 a suspendu toute activité footballistique à partir de mars 2020.

Un peu plus tard, le confinement rendant impossible la reprise des rencontres de football, la Fédération Française de football décide que la saison 2019/2020 est terminée. La dernière finale de la Coupe de la Ligue semble donc condamnée à ne pas être disputée.

Mais quand la menace du virus s’éloigne quelque peu, les dirigeants du foot français tiennent à ce que la finale soit disputée, ce qui sera fait le 31 juillet 2020. Le trophée de Pablo Reinoso, qui aura connu une vie assez mouvementée, méritait quand même une belle fin.

A propos de la Coupe de la Ligue et de son trophée