Henri Ibara Hommes Rouges

Les hommes rouges d’Ibara

PEINTURE – L’artiste français Henri Ibara a consacré un grand nombre de toiles au sport et tout particulièrement au football, dans une collection qu’il a intitulé Les Hommes Rouges.

Les tableaux n’utilisent que le rouge, lequel évoque le sang. Les dessins sont vifs et restituent la mobilité des personnages et leur engagement dans la cinquète du ballon. Ces oeuvres sont créées en direct, durant des performances de l’artiste Henri Ibara.

Henri Ibara est né à Oran à l’époque où l’Algérie était encore une colonie française. La violence a toujours accompagné son enfance. La guerre d’indépendance, bien sûr, mais aussi l’indifférence de sa mère et la passion de deux disciplines violentes que son père et son père ont tenté de lui transmettre : la boxe et la tauromachie.

Ces premiers dessins d’enfants reflétaient cette violence quotidienne. Très vite il trouva dans le dessin un moyen d’exorciser cette peur que lui inspirait le monde. A douze ans, en 1962, il rejoint avec ses parents la France métropolitaine et la banlieue parisienne alors que l’Algérie venait de gagner son indépendance. Mais sa mère quitte rapidement le foyer, laissant à son mari le soin d’élever les deux garçons.

La banlieue de Paris où il vit son adolescence ne lui apporte pas la sérénité attendue. La violence reste présente au quotidien, sous une forme différente, faite de brimades et d’humiliation. Vexé par un professeur qui lui reprocha son obésité, Ibara se mit au sport de manière effrénée : course à pied, vélo, karaté, rugby, basket… Il trouva ainsi un échappatoire et un certain équilibre.

A la fois avide de dépense physique et d’expression artistique, Henri Ibara créa dans les années 1980 des spectacles de musique et de peintures sur toiles géantes créées en direct. Fin 2014, il consacre son spectacle à la réalisation de toiles sur le thème du football. Ainsi nait sa collection « Les Hommes Rouges« , entièrement consacrées à la figuration sportive.

Ses oeuvres sportives gardent en elles une sorte de violence dans l’exécution du geste sportif. Sans doute cet engagement que les commentateurs aiment à appeler « agressif dans le bon sens du terme« . La plupart de ses tableaux sont disponibles sur internet.

A propos d’Ibara et des Hommes Rouges