Etoile

Chasseurs d’étoiles

ETOILES – A chaque Coupe du Monde, l’équipe qui l’emporte prend soin d’ajouter une étoile au dessus de l’écusson porté sur le maillot. Avec des règles que chacun réinvente à sa guise.

En remportant la troisième Coupe du Monde du Monde de son histoire en juin 1970, le Brésil emportait définitivement avec lui le trophée Jules-Rimet, comme le prévoyait les règlements. En outre, la seleçao dépassait l’Italie et l’Uruguay qui n’en étaient resté qu’à deux titres mondiaux. Pour marquer le coup, la CBD (Fédération brésilienne de football) décida d’orner l’écusson du maillot auriverde de trois étoiles dorées.

Maillot Auriverde Brésil

L’idée de symboliser un titre mondial par une étoile sur le maillot n’était pas nouvelle. En 1968, deux étoiles étaient brièvement apparues sur le maillot auriverde à l’occasion d’une tournée en Europe. Mais elles avaient disparu très vite. Les trois étoiles sont donc apparues sur la maillot brésilien quelques mois après le troisième titre mondial de 1970 et y resteront de très longues années.

Tricampeao

Douze ans plus tard en 1982, l’Italie remportait à son tour la Coupe du Monde et comptait désormais trois titres mondiaux. La FIGC décida d’imiter le Brésil et d’apposer trois étoiles dorées sur l’écusson de la fédération sur le maillot azzurro. Ainsi un usage venait de voir le jour : la nation qui avait remporté trois titres mondiaux pouvait faire figurer trois étoiles sur son maillot.

Mais la consigne ne fut pas suivie par tout le monde. La RFA, en 1990, remporta à son tour son troisième titre mondial, mais elle ne crut pas nécessaire d’ajouter trois étoiles dorées à l’écusson de la DFB. En tout cas pas immédiatement. Ce n’est qu’en 1996 que l’on vit apparaitre trois étoiles, chacune portant une couleur du drapeau allemand, le noir, le rouge et le jaune.

Entre temps, l’Uruguay avait refait ses calculs et en 1992 ajouta quatre étoiles à l’écusson de la Celeste. A ses titres mondiaux de 1930 et 1950, l’AUF ajouta les titres olympiques de 1924 et 1928. Pourquoi pas puisque le tournoi des Jeux Olympiques était une Coupe du Monde avant l’heure ?

Un usage avait ainsi pris forme parmi les nations qui avaient remporté (ou considéré comme tel) au moins trois titres de championne du monde. L’Angleterre, vainqueur en 1966, et l’Argentine, championne en 1978 et 1986, n’avaient pas vraiment attaché d’importance à l’affaire.

L’étoile unique des Bleus

En 1998, l’équipe de France remporta pour la première fois la Coupe du Monde. N’ayant manifestement pas la patience d’attendre que leur équipe additionne trois titres, la FFF et son équipementier firent apposer une étoile dorée au dessus du coq du maillot bleu.

Maillot France 1999

Quatre ans plus tard, l’équipementier des Bleus usa et abusa de l’image de l’étoile en faisant la promotion d’une deuxième étoile à quelques semaines de la Coupe du Monde 2002. C’était oublier que le foot n’est pas une science exacte : les Bleus furent éliminés dès le premier tour.

Toujours est-il que l’usage avait changé. Un seul titre suffisait désormais pour coudre une étoile dorée sur le maillot. Ainsi l’Angleterre et l’Argentine emboitèrent le mouvement et rattrapèrent leur retard… en 2006. Charge aux services marketing de leurs équipementiers respectifs d’inventer une histoire. L’Espagne en fit autant lorsqu’elle devint à son tour championne du monde en 2010.

Entre temps, le Brésil était rendu à cinq titres mondiaux, et autant d’étoiles sur le maillot. L’Italie remporta son quatrième titre en 2006 puis l’Allemagne l’imita en 2014. La France, enfin, décrocha une deuxième étoile en 2018.

FFF 2 étoiles

La FIFA rédigea pour la forme un système d’attribution des étoiles pour les nations championnes du monde. Mais à vrai dire, personne ne se soucie d’une éventuelle règle. Chaque pays, chaque équipe, chaque équipementier fait comme bon lui semble. Le Cameroun porte cinq étoiles dorées pour symboliser ses victoires en Coupe d’Afrique des Nations. Et la Belgique se demande si elle ne va pas s’en coudre une pour symboliser son titre olympique… de 1920.

A propos de la Coupe du Monde et des étoiles