Summer of 82 (Orwell)

Chansons de Séville

MUSIQUES – La rencontre RFA-France du 8 juillet 1982 à Séville, demi-finale de la Coupe du Monde 1982, a inspiré de nombreux musiciens de toute génération. Et d’autres artistes, aussi.

Le souvenir du match France-RFA est tellement présent dans l’inconscient des Français qu’il sert souvent de trame à des oeuvres artistiques, notamment des romans, des nouvelles, des bandes dessinées, des pièces de théâtre, mais aussi et surtout des chansons.

Dès 1982, à peine le match terminé, Hubert-Félix Thiéfaine avait ajouté les commentaires radio de la rencontre à la fin de son morceau « Solexine et Ganja« .

En 2000, un groupe nommé Orwell se voit proposer de participer à une compilation sur un label allemand. Il en profite pour glisser « Summer of 82 » une ballade nostalgique qui évoque (en anglais) l’été 1982 et le match France-RFA. Le morceau est agrémenté d’incrustations sonores des commentaires TV de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué, mais aussi ceux de la TV allemande. Le morceau bénéficie surtout d’un superbe clip réalisé par Romain Rondeau.

En 2005, l’élégant Bartone lance un « France-Allemagne 82 » hilarant où un amoureux déçu indique à celle dont il vient de se séparer que la douleur qu’il ressent n’est rien à coté de celle qu’il a connu à l’issue du match de Séville. La voix de Clarika surgit dans le refrain d’un morceau peu avare en métaphores footballistiques.

Bartone "France-Allemagne 82"

En 2007, le groupe Oi! bordelais Bombardiers lance un morceau qui a le même titre que celui de Bartone : « France-Allemagne 82« . Le morceau est quelque peu plus pêchu et agrémenté, comme celui d’Orwell, des commentaires TV de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué au moment du choc entre Schumacher et Battiston.

Bombardiers Souviens-toi (2007)

En 2010, c’est le dénommé Yann Seul qui propose sa version à travers une « Lettre à Battiston » où il clame quelques phrase qu’il aurait aimé que le gardien allemand adresse au défenseur français qu’il a violemment percuté durant le match. Le morceau figure sur la compilation « Pop’n’Foot » (Virage Tracks).

Dead Rats "Gérard Janvion"

En 2016, les Dead Rats, un groupe Oï! d’Arras propose « Gérard Janvion » qui rend hommage au joueur cité mais plus globalement aux héros de Séville et au souvenir d’un match particulier. Comme pour leurs cousins Bombardiers, le morceau est musclé et agrémenté des commentaires du duo Roland-Larqué.

Alain Giresse, Séville, 8 juillet 1982

Et si Séville était un opéra, une pièce de théâtre, une performance musicale, un numéro d’acteur, un roman, une BD, une nouvelle, un article, une vidéo ?

Une performance musicale : Les musiciens Red (guitares, voix, samples), Tonio Marinescu (batterie) et Philippe Tessier (saxophone, samples) improvisent un concert sur des images de la demi-finale du 8 juillet 1982 : « Sur un montage d’une heure, leur musique joue sur des climats mélodiques ou atmosphériques, bousculant le sens de l’image ou le décalant« .

Un opéra : « Arrêts de jeu » de Pierre Rigal (2014) est une chorégraphie qui joue les principales scènes de la rencontres, intégrant en fond sonore les commentaires de Thierry Roland et Jean-Michel Larqué.

Une pièce de théâtre : « France-Allemagne » de Marc Wels (2011), une pièce où deux personnages, Richard le Français et Franz l’Allemand évoquent la rencontre avec humour en y mêlant des éléments d’histoire et de souvenirs plus intimes.

Une performance d’acteur : « Numéro 10 » du comédien Massimo Furlan qui le 8 août 2006 au Parc des Princes puis le 17 novembre 2007 à Marseille rejoua seul le match en restituant les courses et les gestes de Michel Platini.

Pierre Louis Basse "Séville 82"

Un roman : « Séville 82 le match du siècle » de Pierre-Louis Basse (2005). Le journaliste et historien de la Ligne 13 évoque le match qu’il associe à ses souvenirs personnels.

Une bande dessinée : « Mundial France/Allemagne » réalisée par trois auteurs, Marc Lizano, Perceley et Bengrrrr, raconte une partie de foot entre gamins, et dont le déroulement reproduit fidèlement le scénario du match de Séville.

Une nouvelle : « A la cinquante-sixième » de Philippe Delerm, parue dans son recueil « La Tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives » dont le titre évoque la 56e minute du match, celle ou Harald Shumacher percuta Patrick Battiston.

Un article : « Séville » de Patrick Démerin, paru dans le numéro 80 de la revue Autrement intitulé « L’amour foot » (mai 1986). Le plus beau papier jamais écrit sur ce match.

Une vidéo : Le collectif Pied-la-Biche, en 2009, a reconstitué plan par plan dans les rues de Villeurbanne la série de tirs aux but. Bluffant.