Couleurs du Calcio

Couleurs d’Italie

COULEURS – En Italie, les clubs de foot ne portent pas tous un maillot a bandes verticales. Beaucoup jouent aussi une couleur unie. Il y en a même un qui porte un scapulaire.

Bianconeri : Le Juventus Football Club a été fondé le 1er novembre 1897 à Turin. Dans les premières années, les joueurs de Turin évoluent avec un maillot rose, en provenance directe d’Angleterre. C’est ce maillot rose qui est à l’origine du surnom interne de l’équipe première du club, la Rosa. En 1903, alors qu’ils viennent de commander un nouveau jeu de maillot, les joueurs ont la surprise de recevoir des maillots à rayures blanches et noires. Les maillots proviennent du club de Notts County. La Juve adoptera ce maillot et à peine deux ans plus tard, remportera son premier scudetto.

Rossoneri : « Un incendie sous un ciel d’orage » sont les termes employés par l’Anglais Herbert Kilpin pour définir en 1899 les couleurs rouges et noires du club qu’il vient de créer. Le Milan Cricket and Football Club, futur AC Milan, est en effet fondé par des Anglais, qui remportent leur premier championnat d’Italie dès 1901. La légende ajoute que les couleurs ont aussi été choisies pour leur aspect diabolique, le rouge évoquant le diable et le noir les ténèbres. C’est d’ailleurs un diablo qui est depuis toujours la mascotte du club.

Nerazzurri : L’Inter Milan est issu d’une frange de membres du Milan AC qui décidèrent de fonder leur propre club après que ce dernier ait décidé de ne plus incorporer de joueurs étrangers. Le terme Internazionale est choisi pour préciser que tout membre est le bienvenu quelque soit sa nationalité, et les couleurs bleu et noir sont choisies en opposition au rouge et noir. Dans les années 1930, le pouvoir Mussolinien tente de freiner le cosmopolitisme de l’Inter en le débaptisant Ambrosiana Milano et en le faisant jouer en blanc avec une croix rouge, blason de la cité lombarde. Le club retrouvera son nom et ses couleurs d’origine au début des années 1940.

Ses trois clubs les plus réputés (Juventus, AC Milan et Inter) jouant en maillot à bandes verticales, on imagine souvent que tous les clubs italiens ont adopté cette disposition. Ils sont en effet nombreux : Udinese et Ascoli jouent également en bianconeri, Pise et l’Atalante Bergame en nerazzurri, l’US Sassuolo joue en neraverdi (vert et noir), Lecce en jaune et rouge, le SPAL Ferrare en bleu ciel et blanc.

Giallorossi : Le orange et le rouge pourpre, couleurs de l’AS Roma, sont avant tout les couleurs de la ville de Rome. La première symboliserait le bec des oies du Capitole (qui sauvèrent Rome d’une attaque des Gaulois en 390 avant JC) et la seconde celle du sang versé. L’AS Roma est fondée en 1927 par la volonté du pouvoir fasciste de créer un grand club dans la Ville Éternelle. Pour se faire, on tente de fusionner les cinq clubs locaux : Pro Roma, le Roman FC (qui porte déjà les couleurs giallorossi) , l’Alba, le Fortitudo et le Lazio. Seul ce dernier refuse.

Biancocelesti : Le Lazio Rome a été fondé dès 1900. Club omnisports, il a choisi les couleurs ciel et blanc en hommage à la Grèce, berceau du sport moderne. Dans les années 1920, le club refuse d’accéder à la demande de Mussolini de fusionner l’ensemble des clubs romains pour créer l’AS Roma. Une dissidence qui lui vaudra d’être le rival pour l’éternité.

Napoli : Le premier club de la ville de Naples, fondé en 1904 par des Anglais, jouait dans un maillot verticalement rayé bleu et azur, en référence au ciel et à la mer. Le SSC Napoli, résultat d’une longue fusion entre plusieurs clubs napolitains, a adopté un maillot azur uni avec un col blanc, les couleurs du Golfe de Naples. Il s’agit aussi des couleurs de la dynastie de Bourbon-Sicile qui régna sur les royaumes de Naples et de Sicile au XIXe siècle. Le maillot du Napoli a la particularité d’avoir été porté par le Wunderteam autrichien lors d’un match de Coupe du Monde en 1934 au stade Giorgio Ascarelli.

Toro : Fondé en 1906, le Torino AC dispute ses premiers matches en orange et noir, couleurs de l’Internazionale Torino et du Football Club Torinese, dont le club est issu, mais aussi couleurs de la famille Habsbourg. Ce choix plait moyennement à la Maison de Savoie, qui suggère d’adopter le grenat. Il s’agirait précisément d’un hommage au sang versé par un messager tué à Turin alors qu’il était venu annoncer la libération de la ville sous emprise française en 1706. Mais peut-être ces couleurs grenat ont-elles tout simplement celles du Servette de Genève, club suisse qui aurait inspité Alfredo Dick, le fondateur du club.

Viola : Fondée en 1926, la Fiorentina joue d’abord en rouge et blanc, couleurs de la ville de Florence. La légende veut que la couleur violette soit apparue sur les maillots à la suite d’un lavage particulièrement raté.

Scapulaire : Le maillot de Brescia se distingue par la présence d’un scapulaire. Cet immense V sur la poitrine des joueurs apparait en 1927 sur le maillot bleu roi du club fondé en 1911 et qui a adopté les couleurs de la ville. A l’instar de celui des Girondins de Bordeaux, ce scapulaire a une existence très mouvementée : supprimé en 1940, il est rappelé en 1961, puis transformé en une diagonale blanche en 1969, avant d’être réintégrer en 1991. Jusqu’à quand ?

Rossoblu : Le Genoa Cricket and Football Club est le plus vieux club d’Italie. Fondé en 1893 par des Anglais, et alors que la ville a adopté la croix de Saint-George comme drapeau, les joueurs portent à l’origine une tenue similaire à celle de l’équipe d’Angleterre. En 1899 vient s’ajouter le bleu de la Méditerrannée sous forme de rayres verticales. En 1901, le club doyen opte pour le rouge et le bleu foncé, disposé chacun sur un coté du maillot, le rouge à droite et le bleu à gauche. Le Cagliari Calcio joue avec un maillot similaire au Genoa. Le FC Bologne joue également en rouge et bleu, disposés en larges bandes verticales à la manière du FC Barcelone.

Gialloblu : Les deux clubs de Vérone, Hellas et Chievo, portent les mêmes couleurs, le jaune et le bleu de la ville de Roméo et Juliette. Le premier, qui doit son nom à un de ses créateurs en 1903 qui exigea que le club rende hommage à la Grèce, porte le bleu comme couleur dominante, contrairement au second, fondé en 1928 et issu du quartier de Chievo, qui joua d’abord en bleu et blanc avant d’adopter le jaune comme couleur principale.

Gialloblu : Le Parme Calcio 1913 porte le jaune et le bleu, couleurs de la ville natale de Guiseppe Verdi. Dans les années où le club fut la propriété d’un géant local des produits laitiers (1989-2003), l’équipe jouait souvent en blanc, sans doute en référence au lait.

Samp : La Sampdoria de Gênes est la fusion, en 1946, de deux clubs génois : l’AC Andrea Doria et l’AC Sampierdarenese. Le premier joue en bleu avec une bande horizontale blanche , le deuxième en blanc avec des lignes horizontales rouge et noire sur la poitrine. Le maillot de la Sampdoria, sans doute le plus beau d’Italie, associe donc les deux anciens maillots et y ajoute le blason de la ville de Gênes.

A propos de l’Italie, des clubs et des maillots