Le mariage de Maria Braun

Un infime instant de ballon rond

EXTRAIT – Le film « Die Ehe der Maria Braun » (« Le mariage de Maria Braun« ) de Rainer Werner Fassbinder (1979) fait référence à l’histoire de l’Allemagne des années 1950 et notamment au match RFA-Hongrie en finale de la Coupe du Monde 1954.

A travers son film « Le mariage de Maria Braun » (1979), Rainer Werner Fassbinder a voulu raconter l’histoire de l’Allemagne quand celle-ci se reconstruit après la défaite du nazisme en 1945.

Le son de la radio

Maria Braun (interprétée par Hanna Schygulla) est une femme séduisante très courtisée. A la fin de la guerre, elle apprend que son mari, qu’elle a épousé durant une courte permission pendant le conflit, est mort au combat. Elle noie alors son chagrin dans les bras d’un ancien soldat américain. Mais contre toute attente, son mari réapparaît (oui : comme Fernandel dans « La Cuisine au Beurre« ).

Le soldat américain et le mari trompé en viennent aux mains. L’un meurt et l’autre finit en prison. Maria Braun, à nouveau seule, se laisse séduire par un homme d’affaire français. D’un lit à l’autre, Maria Braun symbolise selon Fassbinder cette Allemagne contrainte d’accepter les conditions des vainqueurs de la guerre.

Quel rapport avec le foot ? Il est très infime à vrai dire. Le film de Fassbinder a la particularité d’avoir comme illustration sonore des reportages radio marquant des grands moments de cette période de l’histoire allemande : On entend fréquemment les discours du chancelier Konrad Adenauer, chargé de reconstruire l’Allemagne post-nazie.

Le miracle de Berne

On entend également, en toute fin de film, la voix du reporter Herbert Zimmermann qui commente le match RFA-Hongrie, finale de la Coupe du Monde 1954. Un match mythique disputé à Berne où l’équipe de Hongrie, grande favorite, est battue (3-2) à la surprise générale par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest, qui était pourtant menée 0-2.

Ce premier grand triomphe du foot allemand est resté dans l’histoire comme étant « Le miracle de Berne » : une victoire miraculeuse car inattendue, mais loin d’être imméritée. Les joueurs ouest-allemands firent preuve d’une discipline et d’une détermination qui deviendra le trait caractéristique de la Mannschaft dans les années futures, celle d’une équipe qui gagne toujours à la fin.

Sur le plan politique, cette victoire symbolise la reconstruction allemande de l’après-guerre. Depuis cette date, tant sur le plan du foot qu’en termes économiques et politiques, l’Allemagne est devenue une place forte sur l’échiquier mondial. Et on est tous resté un peu amoureux de Maria Braun.

A propos de Maria Braun et de Rainer Werner Fassbinder