Baggio, divine idylle

Baggio, divine idylle

ROMAN – Le livre de Mario Morisi « Le monde selon Baggio » (2006, éditions L’embarcadère) fait de Roberto Baggio un héros de roman et une figure idéalisée.

C’est une histoire de mallettes échangées par erreur à l’issue d’un colloque en Italie. Le dénommé Ramon Bulgari s’est involontairement octroyé les affaires d’un certain Absentes et dans celles-ci se trouvent une multitude de documents concernant Roberto Baggio. Qui ça ?

A la recherche de Roberto Baggio

Bulgari ne sait pas qui est Roberto Baggio, et il se rend compte qu’il est bien le seul. Toute la péninsule italienne vit et respire au souvenir des exploits du Bouddha de Caldogno. Mais Bulgari n’en a cure, la seule chose qui l’intéresse, c’est de récupérer sa mallette. Pourtant, en recherchant le propriétaire de l’autre mallette, Bulgari reconstitue bien malgré lui la carrière et le parcours du footballeur italien.

L’Italie semble avoir toujours perçu Roberto Baggio comme une figure quasi-christique. Un miracle permanent pour l’équipe d’Italie souvent au bord du gouffre mais sauvée par le talent du gamin de Caldogno. Lors de la Coupe du Monde 1994 aux Etats Unis, il avait marqué de nombreux buts et porté la Squadra Azzurra à bout de bras jusqu’à la finale. Ou il causa finalement la perte de son équipe en envoyant le tir au but décisif dans les nuages de Los Angeles.

Quatre ans plus tôt, en 1990, l’attaquant prometteur de la Fiorentina avait fait descendre tout Florence dans les rues suite à l’annonce de son transfert à la Juventus Turin. Une traîtrise insupportable qui sera finalement pardonnée au fil des années, notamment lorsque le ballon d’Or 1993 refusera de tirer un pénalty pour la Juve face à la Fiorentina.

Le divin Codino

Entre temps, lors du Mondiale 1990 disputé en Italie, Roberto Baggio inscrivit un but phénoménal, une percée solitaire où il dribbla toute la défense tchécoslovaque pour signer le 2-0 des Italiens. Mais Baggio ne marquera pas d’autres buts laissant cette tâche à l’obscur Toto Schilacci, et la Squadra Azzurra n’ira pas au bout de son Mondiale.

En 1998, le prince vieillissant mène toujours le jeu de la Squadra et en quart de finale face à la France, il manque à la dernière minute le but qui aurait qualifié son équipe pour les demi-finales. « Il nous a quand même perdu trois Coupes du Monde » hurleront ses détracteurs avec dépit.

Tous les clubs d’Italie ont voulu s’attacher les services du Divin Codino. Baggio a notamment porté le maillot des trois clubs majeurs du Calcio : La Juve, l’AC Milan et l’Inter. Il a aussi brillé sous les maillots de Vicence, de la Fiorentina, de Bologne et de Brescia. Mais il n’a jamais vraiment vraiment appartenu à un club, il ne s’est jamais identifié à un maillot, sinon celui de la Squadra Azzura.

Une biographie déguisée

Mario Morisi décrit son livre comme étant « une biographie déguisée, un récit de voyage, la saga d’une folie, un livre initiatique…« .Il s’agit en effet d’une manière très subtile de raconter la carrière d’un joueur de foot et surtout de l’image qu’il donnait à la population.

Tout au long du livre, l’auteur s’amuse à distiller des références au foot. La plupart des personnages ont un nom de footballeur connu (Mazzola, Friedenreich, Dasaev, Seeler, Florian Albert…). Il en est même un, un Coréen, qui prétend s’appeller Pak Do Ik et être le fils d’un célèbre dentiste…

L’auteur est véritablement obsédé par la figure de Roberto Baggio. Avant le roman, il avait écrit une pièce de théâtre, « Orféo Baggio » en hommage au footballeur italien et qui trouve sa place à la fin du livre.

https://www.youtube.com/watch?v=9QazINkJveY