Franck Gastambide (La surface de réparation)

Un plongeon dans la surface

FILM – « La surface de réparation » de Christophe Gérin (2018) est le portrait émouvant d’un homme égaré qui s’accroche à ses rêves en fréquentant le monde du foot pro.

C’est l’histoire d’un type comme on en remarque quelques fois autour des stades de foot. Un homme qui fréquente le monde du foot professionnel sans vraiment en faire partie, mais qui connaît chaque rouage de son club favori.

Le gardien du temple

Franck (Franck Gastambide) est un ancien pensionnaire du centre de formation qui n’a jamais percé. Il reste toutefois dans l’entourage du club, aidant certains joueurs à se tirer de situations épineuses et gardant la confiance des dirigeants, trop heureux de trouver quelqu’un qui veille sur les joueurs, gracieusement de surcroît.

La surface de réparation Franck

Le réalisateur Christophe Gérin a choisi de faire son premier long métrage sur cette catégorie de personnages très méconnus du monde du foot (mais aussi d’autres activités médiatiques ou artistiques) : les suiveurs, ces rêveurs éternels qui cherchent un peu de lumière en fréquentant les footballeurs et qui vivent un peu par procuration.

Christophe Gérin a tenu à tourner son film avec un club dont les remous ne font pas spécialement la une de la presse. Il a préféré un club de province pas trop bouillonnant, dans une grande ville plutôt bourgeoise. Cela aurait pu être Montpellier mais c’est Nantes qui a été choisi. Parce qu’elle abrite un club qui a gardé un capital sympathie assez fort malgré son déclin, parce que c’est une ville que beaucoup de cinéastes aiment filmer, et parce qu’elle est aussi le port d’attache d’un grand nombre de professionnels de l’image.

Le FC Nantes en crise

C’est en décembre 2016 qu’ont été tournées les premières images du film, qui devait à l’époque s’appeler « Le gardien du temple« . Le moment est plutôt mal choisi : l’équipe de René Girard se débat au fond du classement et les tensions sont vives entre supporters et dirigeants. Certains tournages sont même reportés ou tout bonnement annulés par souci de sécurité.

Heureusement le calme reviendra assez vite et le tournage pourra se poursuivre. On voit donc beaucoup de jaune et vert dans le film, que cela soit de nuit autour du stade de la Beaujoire ou de jour à la Jonelière, le centre d’entraînement des Canaris. Mais aussi à Marcel-Saupin, l’ancien stade mythique devenu le théâtre des équipes de jeunes.

« La surface de réparation » a la particularité d’être un film de foot où l’on voit peu de foot. Ce sont en effet les coulisses qui ont intéressé le réalisateur, particulièrement la vie privée des joueurs, ces enfants gâtés irresponsables et sollicités par les michetonneuses avides de célébrités.

Michetonneuses et footballeurs

C’est en intervenant auprès de l’une d’elle que la vie de Franck va basculer. Il tombe amoureux de la fille (Alice Isaaz) laquelle n’a d’yeux que pour les footballeurs. Elle tombe rapidement dans les bras de Djibrill Azembert, une ancienne gloire que le club recrute alors qu’il est largement en fin de carrière. Celui-ci est interprété par Moussa Mansaly, un acteur qui connait bien le sujet puisqu’il a joué au foot à haut niveau sans jamais vraiment passer professionnel.

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C’est dans les toutes dernières minutes que le film nous offre son meilleur moment foot : la caméra parcoure la tribune Loire, dans des conditions réelles un soir de match. Un beau frisson qui ponctue en happy end un film finalement très noir.

A propos de « La surface de réparation » de Christophe Gérin