Et le foot se mit à table

Et le foot se mit à table

JEUX – Le baby-foot, également appelé football de table, est le plus traditionnel de tous les jeux cherchant à simuler le foot. Mais est-ce toujours du foot ?

Les puristes du foot peuvent trouver le baby-foot bien éloigné de leur jeu favori. Les joueurs sont invariablement disposés en un curieux 2-5-3 et manquent singulièrement de verticalité dans le jeu. Pas de dribbles, pas de débordements, pas de tacles ni de penaltys… En outre, le gardien n’a même pas le droit d’utiliser les mains.

Des histoires du baby-foot

Bref, le baby-foot a les couleurs du foot, le goût du foot, mais ce n’est pas du foot. Il se pratiquait dans les bars aux cotés du flipper avant l’invasion des premiers jeux vidéo. Il trouve sa place aujourd’hui dans des salles dédiées et dans des arènes de sport où s’affrontent des champions du monde entier.

Les origines du baby-foot sont assez difficiles à déterminer avec exactitude. Plusieurs inventeurs ont revendiqué la paternité du jeu en déposant un brevet. C’est le cas du Français Lucien Rosengart (1881-1976), constructeur automobile et inventeur notoire. C’est aussi celui de l’Espagnol Alejandro Finisterre (1919-2007), poète libertaire et combattant du franquisme.

En Suisse, un dénommé Knicker a créé son usine et donné son nom à la marque qui s’est développée dans de nombreux pays. En Belgique, un certain G.Staay revendique lui aussi la paternité du jeu, tout comme le Britannique E.J.Lawrence, qui aurait déposé un brevet en 1913. Il se raconte même que le soccer table aurait été inventé aux Etats-Unis.

En fait, il est très probable que le baby-foot ait été créé à l’époque ou le football lui-même se développait à travers le monde. Les premiers modèles fabriqués en bois auraient été conçus en France et en Allemagne dès les années 1880-1890.

Entre gamelle et rateau

Ce qu’on sait, c’est que le jeu s’est développé sans réelle harmonie d’une région à l’autre. Il aurait avancé dans le temps selon les modèles proposés (plusieurs constructeurs sont sur le marché), les usages et les règles quasiment inventées en cours de partie.

Car s’il s’est inspiré d’un jeu aux règles très simples, le baby-foot a la particularité d’avoir des codes assez déroutants pour le novice. Par exemple, les demis (les cinq joueurs de la barre centrale) n’ont pas le droit de marquer un but. Ils ne peuvent pas non plus ratisser lorsqu’un défenseur adverse sollicite ses attaquants sous peine d’être sanctionné pour « rateau« .

On peut, dans certaines régions (ou certains bars), retirer un point à l’adversaire en réalisant une « gamelle« , une balle qui revient en jeu après avoir frappé le fond de la cage. On peut également essayer une « pêche« , c’est à dire risquer une main au fond de la cage pour récupérer une balle avant qu’elle ne s’écoule dans les entrailles du jeu.

Il est parfois interdit de faire une « roulette » (faire tourner son joueur sur lui-même) ou de marquer avec un ailier profitant de l’angle mort (« pissette !« ).

Capitale mondiale du baby-foot

A l’instar du foot, on joue au baby-foot partout dans le monde. Les tables et les règles diffèrent beaucoup, ce qui n’a pas empêché le développement de compétitions à l’échelle internationale. Ainsi a été créée à Nantes en 2002 une sorte de FIFA du baby-foot, l’International Table Soccer Federation (ITSF), chargée d’organiser les compétitions, d’harmoniser les règles et d’officialiser les modèles de table à utiliser.

La bonne ville de Nantes est devenue la capitale mondiale du baby-foot en organisant la première Coupe du Monde de Football de Table en 2009. La ville canarie a accueilli cinq éditions avant que l’épreuve ne soit déplacée à Turin. Porté par son succès, le baby-foot cherche aujourd’hui à faire son entrée… aux Jeux Olympiques. Loin des bars et des salles de jeux.

A propos du baby-foot et de son histoire