Konami International Superstar Soccer

ISS, Konami entre et met en scène

JEUX VIDÉO – En 1995, Konami édite en Europe le premier jeu d’une longue lignée à plusieurs embranchements. Celle d’une série à la personnalité forte, et qui se placera comme le principal voire le seul véritable concurrent de FIFA.

Dans les années 1990, le jeu vidéo de foot entre dans son âge d’or, celui des consoles 16 bits, qui proposent de la couleur, de jolies animations, des graphismes plus fins et plus précis. Dans la foulée de FIFA International Soccer, la firme Konami publie en 1995 le premier jeu de foot estampillé International Superstar Soccer, ISS pour les intimes. Mise en scène, joueurs personnalisés, styles d’équipes: le soft, qui sort exclusivement sur Super Nintendo sous sa première mouture avant de gagner aussi la Mega Drive dans son édition Deluxe, a indéniablement de la gueule. Du coffre.

Konami International Superstar Soccer

Il oppose aux clones de FIFA des joueurs aux numéros dans le dos, aux noms différents voire marrants (L. Funès chez les Bleus), aux traits physiques bien identifiés et qui les distinguent les uns des autres. De cette marque de fabrique va notamment naître le fameux attaquant brésilien Allejo, footballeur digital fictif rappelant Bebeto et devenu une sorte de phénomène vidéoludique aux aptitudes légendaires. Si Konami ne possède pas de licence, il est respectueux des tenues des sélections, et reste fidèle à leurs styles de jeu et à leurs compositions qui ressemblent à ce qui se fait dans le football réel. Et introduit même un système de forme des joueurs, en leur attribuant aléatoirement un smiley de couleur.

Cependant, ISS laisse beaucoup de choix à l’utilisateur et constitue un plaisir de personnalisation. Ainsi, il est possible d’opter pour tel ou tel motif de pelouse, telle ou telle météo, voire de modifier les équipements. Les modes de jeu sont également nombreux : match amical, Coupe Internationale (ersatz de la Coupe du Monde), Mini-Tournoi à 24 équipes, Coupe Européenne (simili Euro), Ligue Mondiale, World Series, Entraînement (défis), Scénario (situations de match mal embarquées à renverser dans un temps imparti) et Tirs au But.

Konami International Superstar Soccer

Le casting de sélections nationales s’inspire fortement de la dernière Coupe du monde en date à cette époque, à savoir celle de 1994 s’étant déroulée aux Etats-Unis. Plus précisément, il y en 20 sur les 24 qualifiées pour cette édition, la Bolivie, l’Arabie Saoudite, la Grèce et le Maroc restant à quai, tandis que l’Autriche, le Danemark, la France, le Pays de Galles, l’Ecosse, l’Angleterre et le Portugal complètent le tableau.

Pour ce qui est de la réalisation, outre des graphismes très hauts en couleurs, ISS mixe entre la vue de côté et la représentation isométrique du concurrent FIFA, les buts de gauche étant modélisés de trois quarts. Les sprites bénéficient d’une animation fluide et rapide, rappelant par beaucoup d’aspects un feeling arcade. Comme l’est également le gameplay, qui fait la part belle au jeu direct, aux transversales, aux dribbles, aux tacles glissés. Les gardiens s’envolent dans tous les sens, réalisent de véritables prouesses et il faut souvent les pilonner pour en venir à bout sur des ballons relâchés.

Déjà, à l’époque, ISS suscite de la sympathie et on l’oppose à FIFA dans un débat au sujet de qui de Konami ou de EA Sports propose la meilleure simulation de ballon rond. Quand certains apprécient le côté novateur voire charismatique du jeu japonais en termes de réalisation et de modélisation des footballeurs, ainsi que son action rapide, d’aucuns lui reprochent une jouabilité moins précise et sa partie sonore moins réussie. Qu’à cela ne tienne: le duel est lancé et connaîtra en 1999 un bouleversement majeur, et le genre tout entier avec lui, avec l’un des plus grands jeux vidéo de football jamais sortis, le mythique ISS Pro Evolution.

Sources:

L’histoire du foot en jeu vidéo :