Niki de Saint-Phalle

Le tacle de Niki de Saint-Phalle

SCULPTURE – En 1993, l’artiste plasticienne Niki de Saint-Phalle (1930-2002) dédie une sculpture au football pour le mouvement olympique.

Niki de Saint-Phalle

Dans le Parc du Musée Olympique de Lausanne, un tacle est figé pour l’éternité. La sculpture représente l’opposition de deux footballeurs dans un déluge de couleurs. L’un est debout, en pleine course, contrôlant le ballon avec le genou, tandis que l’autre, à terre, tente de le freiner d’un geste que l’arbitre sanctionnera probablement.

Les deux hommes ont des formes très rondes mais n’ont pas de visage. Celui qui est debout a la peau noire. Il porte un maillot blanc composé d’atomes de couleurs, short rouge à parement bleu, chaussettes de différents tons de jaune. L’autre, à terre, a la peau rose, un maillot mauve avec la tête d’un étrange oiseau au niveau de la poitrine, un short jaune et noir, et des chaussettes essentiellement vertes.

Cette sculpture en résine polychrome est l’oeuvre de Niki de Saint-Phalle. Lorsque le CIO commande à la plasticienne une oeuvre liée au sport, au début des années 1990, celle-ci choisit le football qui, bien que n’étant pas la plus olympique des disciplines, reste le sport le plus populaire du monde.

Les personnages ont des rondeurs bien affirmées, mais ils donnent un sentiment de puissance qui atténue une éventuelle lourdeur. La sculpture rend hommage au foot dans ce qu’il a de plus noble, sa chanson de gestes, sa vitesse, sa légèreté. L’artiste n’avait jusqu’alors jamais travaillé la thématique du sport, mais elle a su l’intégrer dans le style qui a fait sa réputation, tout en rondeurs et en couleurs.

L’oeuvre est présentée le 12 octobre 1993 au Musée Olympique de Lausanne. Niki de Saint-Phalle a tenu à ce qu’elle soit exposée en extérieur, puisque le foot est un sport de plein air. Mais cela ne l’empêche pas de se retrouver quelques fois dans un musée ou une salle lors d’expositions temporaires.