Les 30 gardiens qui ont marqué un but

Dépassements de fonction

LIVRE – Avec « Les trente gardiens qui ont marqué un but » (Contrepoints, 2014), Ferdinand Miollis fait un inventaire amusant de ces buts si particuliers inscrits par un gardien.

Les 30 gardiens qui ont marqué un but

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir vu un gardien marquer un but. Ce n’est pas son rôle et lorsque la chose se produit, elle ressemble à un accident, une anomalie. Selon l’écrivain Ferdinand Miollis, seuls trente goal-keepers auraient, au cours de leur carrière, réussi cet exploit.

C’est en tout cas ainsi qu’on interprête le titre de l’ouvrage qu’il a consacré à ces buts particuliers, « Les trente gardiens qui ont marqué un but » paru chez Contrepoints en 2014. Bien qu’il soit rare, il est malgré tout probable que ce type d’incident se soit produit plus de trente fois dans toute l’histoire du foot.

L’écrivain classe sa sélection en plusieurs catégories. Il y a les rebonds, ces buts inscrits sur un dégagement si puissant que le ballon, souvent aidé par le vent, finit sa course dans la cage opposée, après avoir rebondit devant puis derrière le gardien adverse trop avancé.

Il y a les volants, ces gardiens qui dans les toutes dernières secondes quittent leur surface en courant pour aller prêter main forte à leurs attaquants sur un corner ou un coup-franc. Pour se trouver au bon endroit au bon moment et marquer le but décisif.

Il y a les héros, ces habitués qui sont appelés pour tirer les penalties ou les coup-francs et souvent les transformer. On pense au Paraguayen José Luis Chilavert, auteur de 62 buts durant sa carrière ou au Colombien René Higuita, 48 buts, mais aussi au recordman en la matière, le Brésilien Rogério Ceni et ses 132 buts.

Il y a aussi la catégorie des idiots, que l’on parcoure avec amusement, ces gardiens qui ont bien marqué un but mais dans leur propre cage. Ou bien ce gardien allemand très célèbre qui marqua un but du poing, persuadé qu’il avait le droit d’utiliser ses mains dans la surface opposée. Ou encore cet autre allemand pas moins célèbre qui regagnait sa cage heureux d’avoir inscrit un penalty sans se douter que ses adversaires remettaient en jeu sans l’attendre pour lui inscrire un but dans le dos.

Ferdinand Miollis évoque aussi ces joueurs de champ que les circonstances ont placé dans le but, et qui ont trouvé le moyen d’inscrire un but. Où ce gardien mexicain que l’entraîneur fait jouer attaquant en seconde mi-temps lorsque le besoin s’en fait sentir.

Tout au long des 80 pages sobrement illustrées par Clément Charbonnier Bouet, on voit passer de grands noms : Chilavert, Higuita, Ceni, mais aussi Pat Jennings, Jorge Campos, Oliver Khan, Brad Friedel, sans oublier l’inoubliable français Gregory Wimbée.

Il y a aussi cette partie étrange, que l’auteur a intitulé « La malédiction de River Plate » où il reproduit le carnet d’un supporter argentin qui a vu en de nombreuses fois son équipe favorite encaisser un but inscrit par le gardien adverse.

En fin d’ouvrage sont aussi ajoutés les écrivains Vladimir Nabokov et Albert Camus, qui furent des gardiens de buts à leurs heures perdues tout comme Niels Bohr, prix nobel de physique en 1922. Mais l’histoire ne dit pas s’ils marquèrent un but.

On regrette un peu de ne pas retrouver Peter Shilton et Peter Schmeichel, deux grands noms qui ont marqué l’histoire par de nombreux arrêts mais aussi un petit but qui un jour les sortit de leur ordinaire de gardien de but.

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