Un monde qui joue

Un monde qui joue

CHANSON – « La cour des grands » (1998) de Youssou N’dour avec Axelle Red, est la chanson officielle de la Coupe du Monde 1998 en France. Une des rares qu’on réécoute avec plaisir.

D’une manière générale, les hymnes officiels de la Coupe du Monde de football font rarement la joie des mélomanes avertis. L’oeuvre est confiée, cahier des charges à l’appui, à un artiste à la mode et celui-ci expédie l’affaire sans trop se creuser la tête, puisque les passages TV de l’hymne obligatoire assureront seuls les royalties.

L’exception qui confirme la règle est française. Bien qu’il ne soit pas spécialement réputé pour des goûts musicaux très pointus, Michel Platini, co-président du Mondial 1998, a eu la bonne idée de confier le boulot à Youssou N’dour. Celui-ci concocte « La cour des grands« , un morceau très acceptable comparé à ce qui se pratique couramment.

Youssou N’dour est une pointure internationale dans le domaine de la musique. Le Sénégalais a travaillé avec des artistes de tout horizon tels Peter Gabriel, Paul Simon, Alan Stivell, Manu Dibango, Neneh Cherry. En outre, Youssou N’dour a profité de sa notoriété pour mettre sur pied dans les années 1980 des concerts en faveur de la libération de Nelson Mandela ou au profit d’organismes tels Amnesty International ou l’Unicef. Il poursuivra cet engagement dans les années 2000 en lançant une entreprise de micro-crédit puis en se lançant dans la politique, briguant même le poste de président de la république sénégalaise.

Pour « La cour des grands« , Youssou s’associe à la chanteuse belge Axelle Red, qui a déjà quelques tubes à son palmarès. Le duo est aussi inattendu que complémentaire. La chanson quand à elle, au lieu d’exalter le patriotisme du pays hôte, est au contraire un appel à toutes les communautés du monde à venir se joindre à l’événement.

La Belge et le Sénégalais ont interprété le morceau live au Stade de France le 10 juin 1998 lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde. Un mois plus tard, dans la nuit historique sur les Champs Elysées, « La cour des grands » était complètement oubliée, le public français scandant « I Will Survive » à tue-tête.