George Best

Best, un portrait du vingtième siècle

FILM – Dans « Fußball wie noch nie » sorti en 1971, le réalisateur allemand Hellmuth Costard braque durant tout un match ses huit caméras sur un seul joueur, George Best.

Le 12 septembre 1970, Manchester United reçoit Coventry à Old Trafford pour le compte de la neuvième journée de la League Division One. Les Mancuniens l’emportent 2-0, buts de George Best et Bobby Charlton. Classique.

Sauf que ce jour-là, un cinéaste allemand, Hellmuth Costard, à placé plusieurs caméras dans les tribunes du stade. Huit caméras 16mm toutes braquées sur un seul homme, George Best. De cette expérience inédite sortira un an plus tard le film « Fußball wie noch nie » (« Le football comme jamais auparavant »).

George Best a alors 24 ans. Il reste un titulaire indiscutable de Manchester United, mais les haut faits de sa carrière sont déjà derrière lui. Arrivé à dix-sept ans à MU, il participe grandement aux titres de 1965 et 1967, puis à la victoire en Coupe d’Europe 1968, la première d’un club anglais. George Best remporte le Ballon d’or et devient une véritable pop-star. Il tourne des publicités et fréquente la gratin. Peu à peu ses exploits changeront de terrain.

Le film de Hellmuth Costard débute dès l’échauffement, puis suite George Best durant l’ensemble du match. On aperçoit bien sûr d’autres joueurs, parmi lesquels Bobby Charlton ou Dennis Law, mais les caméras restent rivés sur le playboy irlandais. On le voit courir, attendre le ballon, dribbler et même marquer un but. On se délecte de son allure tandis que la bande son envoie quelques riffs hendrixiens.

A la mi-temps apparait une image de George, un peu plus vieux et barbu, une image ajoutée plus tard, donc, où ses yeux fixent la caméra et invitent à réfléchir sur les pensées d’un homme qui déjà ne s’appartient plus vraiment. Comme un appel au secours.

A la lumière de cette découverte (1), on pourrait penser que « Zidane, un portrait du XXIe siècle« , tourné en 2005 à Madrid, n’est finalement qu’un plagiat. On préfère penser qu’il s’agit simplement une influence inconsciente qui nous ont donné deux films sur deux footballeurs symboliques de leur époque.

(1) Cette découverte a été mentionnée bien avant nous par Olivier Lefèvre, l’auteur du livre Les Miscellanées de la Coupe du Monde