Maradona, un gamin en or

Tout l’or de l’Argentine

FILM – Le documentaire « Maradona, un gamin en or » (2006) de Jean-Christophe Rosé est un film sur Diego Maradona. Un de plus, oui, mais sans doute le plus juste. Ce montage passe de l’admiration à la désolation, à l’image de la démesure du joueur et de l’homme.

Le 10 novembre 2001, Diego Armando Maradona fait ses adieux au football dans un stade de la Bombonera en ébullition. Même s’il n’y a joué en tout et pour tout que trois saisons (dont deux en toute fin de carrière), El Pibe de Oro se considère avant tout comme un joueur de Boca Juniors, et il y est attaché plus qu’à Argentinos Juniors, le club de ses débuts, ou le SSC Napoli où il a fait l’essentiel de sa carrière.

C’est sur les images de cette soirée de 2001 que débute le documentaire de Jean-Christophe Rosé. « Maradona, un gamin en or » est bien plus qu’un énième documentaire consacré à l’un des tous meilleurs joueur de l’histoire du football. Le réalisateur, rompu à l’exercice (on lui doit déjà un documentaire sur les Brésiliens Pelé et Garrincha et sur la grande équipe de Hongrie des années cinquante), a réuni intelligemment des images d’archive pour dresser le portrait et le parcours d’un footballeur d’exception, mais aussi pour expliquer ce qu’il représente aux yeux de ses compatriotes.

Des images d’archives, ce n’est pas ce qui manque sur Diego Maradona. Dès son plus jeune âge, le jeune argentin attirait les caméras. A l’âge de douze ans, on le voit jongler pour la télévision argentine puis répondre aux questions en affirmant qu’il rêve de deux choses : « Jouer la Coupe du monde et la gagner« . Dès lors jamais plus les caméras ne relâcheront leur marquage sur le phénomène. De Buenos Aires à Naples en passant par Barcelone et Mexico, le moindre mouvement de la bête sera traquée. Comme si l’on devait payer de sa vie tant de talent.

Sur le rythme lancinant d’un tango, le documentaire nous emmène sur les terrains qu’enchanta le joueur, et notamment ce stade de Mexico où en moins de cinq minutes, lors de la Coupe du Monde 1986, il inscrivit deux buts d’anthologie contradictoires, la Mano de Dios suivi d’une raid étourdissant au coeur de la défense anglaise, le tout dans un esprit de revanche envers la guerre des Malouines. Il nous emmène à Naples où le joueur connaitra la gloire et ses multiples facettes, dont les plus sombres frôlent le monde des trafics et du crime organisé. Il nous invite également à suivre l’histoire de l’Argentine, pays ô combien particulier qui engendra nombre de grands footballeurs… et de politiciens véreux.

Diego Maradona Naples

Des images plus intimes nous montrent un Maradona à la fois attachant et irritant, un homme fragile plongé dans un monde mal intentionné et un sale gosse multipliant les provocations et le mauvais goût. Même lorsque l’on connait quasiment par coeur les faits et gestes de l’idole, on reste scotché à ce documentaire qui donne de nombreuses explications au phénomène sans toutefois le cerner complètement.