Diego Forman Uruguay

Papa aussi a joué la Coupe du Monde

FAMILLE – Dans beaucoup de familles, on est footballeur professionnel de père en fils. Mais il est rare que les deux atteignent le très haut niveau. Quelques exceptions confirment la règle.

(Article mis à jour en mai 2020)

Lors du match France-Uruguay de la Coupe du Monde 2002, Youri Djorkaeff est opposé à Diego Forlan. Trente-six ans plus tôt, lors de la Coupe du Monde 1966, le match France-Uruguay avait opposé leurs pères respectifs, Jean Djorkaeff et Pablo Forlan.

Il existe ainsi dans l’histoire de la Coupe du Monde quelques exemples de filiation père-fils. Elles ont traversé les âges et même dans certains cas les frontières.

Lors de la Coupe du Monde 2018, Kasper Schmeichel garde les buts de l’équipe du Danemark vingt ans après son père Peter Schmeichel, dernier rempart danois de la Coupe du Monde 1998.

Xabi Alonso, joueur de l’équipe d’Espagne lors des Coupes du Monde 2006 et 2010, est le fils de Miguel Angel Alonso, qui disputa la Coupe du Monde 1962.

L’attaquant polonais Wlodzimierz Smolarek a disputé les Coupes du Monde 1982 et 1986. Vingt ans plus tard, son fils Euzebiusz Smolarek, attaquant lui aussi, dispute trois matches de la Coupe du Monde 2006.

Anthony Costly était le libéro de l’équipe du Honduras qui disputa la Coupe du Monde 1982. Son fils Carlo Costly dispute la Coupe du Monde 2014 comme attaquant, après avoir manqué l’édition 2010 en raison d’une blessure.

Pepe Reina, joueur de l’équipe d’Espagne lors de la Coupe du Monde 2006, est le fils de Miguel Reina, qui disputa la Coupe du Monde 1966.

L’attaquant sud-coréen Cha Bum-Kun, considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du football de son pays, a disputé la Coupe du Monde 1986. Son fils Cha Du-Ri joua la Coupe du Monde 2002.

Paolo Montero, joueur de l’équipe d’Uruguay lors de la Coupe du Monde 2002, est le fils de Julio Montero, qui disputa la Coupe du Monde 1970.

Tobias Linderoth, qui jouait pour la Suède en 2002, était le fils d’Anders Linderoth qui joua en 1978.

René-Pierre Quentin, de l’équipe suisse de la World Cup 1966 est le père de Yvan Quentin, de l’équipe suisse de la World Cup 1994.

L’Italien Paolo Maldini, qui a disputé quatre Coupes du Monde (1990, 1994, 1998, 2002) est le fils de Cesare Maldini qui avait disputé la Coupe du Monde 1962. Et qui fut également le sélectionneur de la Squadra Azzurra en 1998 et qui a donc dirigé son fils en Coupe du Monde. Cesare a remporté avec Milan la Coupe d’Europe des Champions en 1963. Paolo qui a fait toute sa carrière à Milan, a remporté cinq fois la coupe aux grandes oreilles (1989, 1990, 1994, 2003 et 2007).

Manuel Sanchis Martinez, joueur de l’équipe d’Espagne lors de la Coupe du Monde 1990, est le fils de Manuel Sanchis Hontiyuelo, qui disputa la Coupe du Monde 1966. Tous deux ont fait carrière au Real Madrid : Le père a remporté la Coupe d’Europe des Champions en 1966, le fils en 1998 et 2000. Comme chez les Maldini.

Juan Manuel Asensi, joueur de l’équipe d’Espagne lors de la Coupe du Monde 1978, est le fils de Vicente Asensi qui disputa la Coupe du Monde 1950.

Adémir II, joueur de l’équipe du Brésil lors de la Coupe du Monde 1974, est le fils de Domingos Da Huia, demi-finaliste de la Coupe du Monde 1938.

Mario Perez, joueur de l’équipe du Mexique dispute la Coupe du Monde 1970 vingt ans après son père et homonyme de Mario Perez qui disputa la Coupe du Monde 1950.

Le défenseur français Patrice Rio, deux matches lors de la Coupe du Monde 1978, est le fils de l’attaquant Roger Rio qui avait disputé un match de la Coupe du Monde 1934.

Il existe deux cas de joueurs père et fils qui n’ont pas défendu les couleurs du même pays : José Martin, joueur de l’équipe du Mexique lors de la Coupe du Monde 1970, est le fils de Martin Ventola qui disputa la Coupe du Monde 1934… avec l’équipe d’Espagne. Rio Mavuba, joueur de l’équipe de France lors de la Coupe du Monde 2014, est le fils de Ricky Mavuba, international zaïrois qui disputa la Coupe du Monde 1974.

Lors de la Coupe du Monde 2010, le joueur américain Michael Bradley et le Slovaque Vladimir Weiss ont un point commun : leur équipe est dirigée par leurs pères respectifs, Bob Bradley et Vladimir Weiss. Comme Maldini en 1998.

Jordi & Johan Cruijff

Même s’ils n’ont pas tous joué la Coupe du Monde, d’autres fils à papa ont été internationaux. A l’image de Jordi Cruijff, 9 sélections en équipe des Pays-Bas et une participation à l’Euro 1996, le fils du plus grand joueur néerlandais de tous les temps, Johan Cruijff.

Sandro Mazzola, joueur clé de l’Inter Milan des années 1960, est le fils de Valentino Mazzola, joueur du mythique Torino des années quarante dont l’équipe périt en 1949 dans la catastrophe aérienne de Superga.

L’Argentin Juan Sebastian Veron est le fils de Juan Ramon Veron, tous deux joueurs de l’Estudiantes La Plata.

L’Anglais Franck Lampard, joueur de Chelsea formé à West Ham, est le fils de… Franck Lampard, joueur de West Ham.

Sergio Busquets, champion du monde espagnol en 2010, est le fils de Carles Busquets, gardien du FC Barcelone au milieu des années 1990, resté célèbre pour de nombreuses maladresses. Les Busquets rejoint les Maldini et les Sanchis dans les rares familles où père et fils ont remporté la Coupe d’Europe des Champions.

Le Danois Finn Laudrup et le Néerlandais Martin Koeman ont pour point commun d’avoir engendré non pas un fils footballeur mais deux, et au plus haut niveau : Brian et Michael Laudrup d’un coté, Erwin et Ronald Koeman de l’autre. Idem pour l’Argentin Jorge Higuain, père de Gonzalo Higuain et de Federico.

La plus fameuse histoire père-fils des sélections nationales eu lieu le 24 avril 1996 à Tallin. Lors de la rencontre Estonie-Islande, Arnór Gudjohnsen (35 ans) est remplacé à la mi-temps par… son fils Eidur Gudjohnsen  (17 ans). C’est la première et unique fois qu’un tel évènement se produit au niveau des équipes nationales. C’est aussi la seule fois où les deux hommes auraient pu jouer ensemble. Mais une blessure éloigna Eidur des terrains pour une longue période et lorsqu’il fut rétabli, son père avait mis fin à sa carrière.

Dans les années 1960, le FC Nantes évolua avec Bako Touré et Ramon Muller. Dans les années 1980, leurs fils respectifs jouent ensemble à Nantes, José Touré et Oscar Muller.

Les liens entre la France et l’Argentine ont créé quelques étonnantes histoires de famille. David Trézéguet, champion du monde 1998 avec l’équipe de France, est le fils de l’argentin Jorge Trézéguet, qui a joué à Rouen entre 1976 et 1979, et où est né David. Quelques années plus tard, Gonzalo Higuain, né à Brest et fils de Jorge Higuain, a failli connaitre le même destin que Trézéguet fils, mais il a préféré rejoindre la sélection argentine, avec qui il disputera la finale de la Coupe du Monde 2014. On peut aussi citer le cas de Sebastián Rambert, 8 sélections en équipe d’Argentine dans les années 1994/1995, fils d’Angel Rambert, 5 sélections en équipe de France entre 1962 et 1964.

Un autre cas célèbre de père et fils ne défendant pas le même pays : En 2018, l’équipe nationale des Etats Unis intègre un certain Timothy Weah, fils de George Weah, attaquant libérien du Paris Saint-Germain et du Milan AC.

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